4 à 5 patients atteints de cancer meurent chaque jour dans la bande de Gaza en raison des conséquences du blocus et du génocide

Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a mis en garde contre une aggravation sans précédent du taux de mortalité parmi les patients atteints de cancer dans la bande de Gaza, dans un contexte d’effondrement quasi total du système de santé et de paralysie presque complète des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Cette situation est aggravée par la poursuite des restrictions sévères imposées par les autorités d’occupation israéliennes sur les autorisations de sortie pour recevoir des soins à l’étranger, faisant des malades du cancer l’une des catégories les plus exposées à une mort lente dans un territoire assiégé et soumis à un génocide depuis près de trois ans.

Dans un communiqué, le Centre a déclaré suivre avec une profonde inquiétude les révélations du Dr Mohammed Abou Salmiya, directeur du Complexe médical Al-Shifa, selon lesquelles quatre à cinq patients atteints de cancer privés totalement de chimiothérapie décèdent chaque jour.

Selon le Dr Abou Salmiya, près de 4 000 patients dans la bande de Gaza sont aujourd’hui menacés de mort en raison de l’absence de ce traitement. Cette situation s’inscrit dans un contexte de pénurie aiguë des médicaments essentiels, dont le taux dépasse 50 %, ainsi que de disparition de plus de 70 % des consommables médicaux indispensables.

D’après les dernières données de l’Organisation mondiale de la Santé, arrêtées à la fin du mois de décembre 2025, environ 12 500 personnes de tous âges sont atteintes d’un cancer dans la bande de Gaza. Plus de 2 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, dont 122 concernent des enfants.

Selon les informations recueillies, les séances de chimiothérapie intraveineuse ainsi que le suivi médical ont pratiquement cessé depuis le milieu de l’année 2025. Les données indiquent également qu’au moins 1 400 patients sont décédés alors qu’ils attendaient une autorisation de sortie pour recevoir un traitement hors de Gaza, tandis que des milliers d’autres demeurent inscrits sur les listes d’évacuation médicale, dans l’attente d’une autorisation délivrée par les autorités d’occupation israéliennes pour accéder à des soins vitaux.

Le Centre a souligné que ces chiffres ne représentent que la partie visible d’une tragédie quotidienne vécue par les patients et leurs familles. Dans une tente de déplacés au camp de Nuseirat, au centre de la bande de Gaza, une femme atteinte d’un lymphome passe ses journées entre douleur et attente. Une petite masse apparue dans son sein s’est transformée en une longue épreuve, aggravée par l’absence d’examens et de traitements appropriés. Le retard dans l’obtention de son autorisation de sortie a entraîné une dégradation de son état de santé jusqu’à un stade avancé de la maladie.

Une autre patiente, ayant subi une greffe de moelle osseuse, a confié à l’équipe de terrain du Centre que son état ne cesse de se détériorer depuis l’interruption de son traitement biologique il y a plusieurs mois. Elle explique que l’absence même d’antalgiques a fait de la douleur son quotidien, tandis qu’elle attend toujours une autorisation de voyage qui n’a jamais été délivrée, malgré une référence médicale officielle approuvée depuis longtemps.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a affirmé que le traitement réservé aux patients atteints de cancer dans la bande de Gaza constitue une violation manifeste des obligations d’Israël, en tant que puissance occupante, au regard des articles 55 et 56 de la Quatrième Convention de Genève de 1949, qui imposent à la puissance occupante de garantir l’approvisionnement médical de la population protégée et d’assurer le maintien des établissements et services de santé.

Le communiqué ajoute que la privation délibérée de médicaments et de traitements constitue une violation du droit à la santé garanti par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Elle constitue également une forme de punition collective interdite par l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève.

Le Centre a insisté sur le fait que la poursuite de cette politique par les autorités d’occupation, alors qu’elles connaissent parfaitement ses conséquences mortelles, constitue un crime de guerre au sens du Statut de Rome, notamment en raison de l’infliction intentionnelle de grandes souffrances ou d’atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé. Il a également estimé que cette politique s’inscrit dans les actes constitutifs d’un génocide systématique.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a dénoncé le silence persistant de la communauté internationale face à cette catastrophe sanitaire continue. Il a appelé à l’ouverture immédiate et durable de tous les points de passage afin de permettre l’entrée, sans restriction ni retard, des médicaments de chimiothérapie et de radiothérapie ainsi que des fournitures médicales essentielles.

Le Centre a également demandé que toutes les autorisations de sortie pour raisons médicales soient délivrées de manière urgente et sans condition, en particulier pour les patients atteints de cancer disposant de références médicales officiellement approuvées.

Il a en outre appelé à la mise en place d’un mécanisme international chargé de surveiller la régularité des évacuations médicales depuis la bande de Gaza et de demander des comptes aux parties responsables de leur obstruction. Le Centre a souligné la nécessité d’une intervention urgente des organismes des Nations unies et des organisations internationales de santé afin de fournir un soutien logistique et médical d’urgence aux services d’oncologie des hôpitaux de Gaza, aujourd’hui au bord de l’effondrement.

Enfin, le Centre a réaffirmé que le maintien de cette situation, en l’absence d’une intervention internationale efficace, entraînera davantage de décès évitables parmi les patients atteints de cancer, constituant un échec collectif, tant sur le plan moral que juridique, face à des vies qui pourraient encore être sauvées.

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