Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a exprimé sa vive inquiétude face au maintien de l’interdiction imposée par Israël aux patients et aux blessés de quitter la bande de Gaza pour recevoir des soins indisponibles sur place. Depuis début octobre, le passage de Rafah est fermé aux évacuations médicales, exposant des milliers de personnes en attente d’un transfert urgent à des risques croissants pour leur vie.
Dans un communiqué publié dimanche, le Centre a indiqué qu’environ 21 000 patients avaient besoin de soins urgents en dehors de la bande de Gaza, selon les données du ministère de la Santé publiées le 7 octobre, dont 5 600 enfants et 2 800 patients atteints de cancer.
Ces chiffres illustrent l’ampleur de la catastrophe provoquée par le refus d’Israël de permettre aux patients d’accéder à des soins spécialisés que le système de santé, profondément dévasté, n’est plus en mesure de fournir. Le ministère de la Santé a par ailleurs recensé 2 027 décès parmi les patients en attente d’une évacuation médicale depuis octobre 2023.
Le Centre souligne que la fermeture persistante du passage de Rafah et l’entrave aux procédures de transfert, y compris pour les patients remplissant les conditions requises, transforment l’accès aux soins, droit fondamental, en une prérogative soumise aux décisions et restrictions israéliennes. Ces retards aggravent les risques pour tous les patients, notamment ceux atteints de cancer ou d’insuffisance rénale ainsi que les blessés graves. Chaque jour d’attente supplémentaire peut réduire leurs chances de guérison et de survie.
Le Centre rappelle que le droit à la santé et aux soins est indissociable du droit à la vie et à l’intégrité physique. L’impossibilité d’accéder aux traitements nécessaires ne saurait devenir une conséquence permanente des restrictions imposées aux déplacements des Palestiniens.
Il souligne également qu’en tant que puissance occupante, Israël est tenu de garantir l’accès des patients aux soins. Cette responsabilité est d’autant plus importante qu’Israël contrôle les points de passage ainsi que les procédures de coordination et les autorisations sécuritaires régissant les départs de Gaza. Le Centre appelle à mettre fin à toute utilisation arbitraire ou disproportionnée de ces procédures entravant les évacuations médicales ou contraignant les patients à rester dans un territoire dépourvu des moyens thérapeutiques adaptés à leur état.
Le Centre insiste sur le fait que les évacuations médicales ne doivent être ni limitées ni intermittentes ni soumises à des fermetures répétées. Elles doivent être assurées de manière régulière, sûre et rapide, sur la seule base des priorités médicales. Les patients doivent également pouvoir être accompagnés des personnes nécessaires à leur prise en charge, dans le respect de leur dignité, de leur sécurité et de leur droit au retour.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme appelle la communauté internationale, les Nations unies, l’Organisation mondiale de la santé et le Comité international de la Croix-Rouge à agir d’urgence et à faire pression sur Israël pour mettre fin à l’interdiction de voyager imposée aux patients et aux blessés, rouvrir durablement le passage de Rafah et garantir le fonctionnement de toutes les voies d’évacuation médicale disponibles, notamment vers les hôpitaux de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.
Il appelle également les États en mesure d’accueillir des patients à élargir leurs programmes de traitement et d’évacuation médicale et à mobiliser les moyens nécessaires au transfert des cas critiques. Ces mesures ne sauraient toutefois exonérer Israël de ses obligations juridiques en tant que puissance occupante ni se substituer à la garantie effective de l’accès aux soins.
Le Centre conclut qu’il n’est plus possible de retarder davantage les mesures nécessaires pour sauver la vie des patients. La privation persistante de leur droit à quitter Gaza pour se faire soigner, alors que leurs besoins médicaux sont clairement établis, exige une action internationale urgente et effective afin de lever les restrictions qui menacent leur vie et de garantir l’exercice de leurs droits fondamentaux sans discrimination ni subordination à des considérations politiques ou sécuritaires.



