Plus de 4 Palestiniens tués par jour un an après le cessez-le-feu à Gaza : le génocide se poursuit pour la quatrième année consécutive

Plus de 4 Palestiniens tués par jour un an après le cessez-le-feu à Gaza : le génocide se poursuit pour la quatrième année consécutive

Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme indique que les forces d’occupation israéliennes ont tué 1 481 Palestiniens au cours de l’année ayant suivi l’entrée en vigueur du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, soit plus de quatre morts par jour. Ce bilan témoigne de la poursuite des tueries malgré l’annonce de l’accord, alors que la campagne génocidaire entre dans sa quatrième année consécutive.

Dans un communiqué marquant le premier anniversaire du cessez-le-feu, couvrant la période du 10 octobre 2025 au 9 octobre 2026, le Centre précise que les victimes comprennent 324 enfants, 164 femmes et 51 personnes âgées de plus de 60 ans. Les enfants et les femmes représentent ainsi près d’un tiers des victimes. Au total, des Palestiniens ont été tués lors de 314 jours sur 365, soit environ 28 morts par semaine et 123 par mois.

Le Centre souligne que la persistance des tueries tout au long de l’année, sans baisse significative entre les deux semestres, révèle l’échec des arrangements en vigueur à assurer une protection effective aux civils. Le cessez-le-feu n’a donc pas mis fin aux violations meurtrières ni aux menaces pesant sur la vie des Palestiniens à Gaza.

Le nombre de victimes est resté pratiquement inchangé au fil des mois : 743 Palestiniens ont été tués durant les six premiers mois, contre 738 au cours des six suivants. Ces chiffres réfutent toute baisse substantielle de la mortalité et soulignent l’incapacité des dispositions existantes à protéger la population civile.

Selon les données du Centre, 83,8 % des victimes ont été tuées lors de frappes aériennes. Par ailleurs, 237 Palestiniens ont été tués par des tirs provenant de positions militaires israéliennes à proximité de la « ligne jaune », qui couvre environ 70 % de la bande de Gaza. Parmi eux figurent 60 enfants et 26 femmes.

Ces faits soulèvent de graves préoccupations quant au respect des principes de distinction et de proportionnalité ainsi que de l’obligation de prendre toutes les précautions possibles pour protéger les civils. Chaque cas doit faire l’objet d’une enquête afin d’établir les circonstances des faits et les éventuelles responsabilités pénales.

Le Centre souligne que ce bilan ne peut être dissocié des conditions de vie imposées aux Palestiniens un an après le cessez-le-feu. La population continue de subir les conséquences des destructions massives, des déplacements forcés et du manque de logements sûrs, tandis que les restrictions sur l’accès aux biens essentiels et les entraves à la reconstruction compromettent toujours le relèvement du territoire.

Dans ce contexte, la poursuite des tueries doit être examinée au regard de l’ensemble des actes et des politiques qui maintiennent la population sous la menace et la privent des conditions nécessaires à une existence digne et sûre.

Le Centre rappelle que le cessez-le-feu ne constitue pas une fin en soi et que son annonce ne suffit pas à établir la fin du génocide ni la disparition de ses conséquences et de ses risques. L’évaluation juridique doit reposer sur les actes commis, leurs effets sur la population et la persistance éventuelle des actes prohibés par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, notamment les meurtres, les atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale et la soumission intentionnelle d’un groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle, sous réserve de la réunion des éléments constitutifs requis, notamment l’intention spécifique.

Pour le Centre, la poursuite des tueries durant une année entière après l’annonce du cessez-le-feu, conjuguée au maintien de conditions menaçant la vie et la survie de la population, démontre que cet accord n’a pas assuré une protection effective du droit à la vie. Les indicateurs de la poursuite du génocide et les risques qui y sont associés demeurent préoccupants. La communauté internationale doit donc dépasser les déclarations politiques et prendre des mesures concrètes et contraignantes pour mettre fin aux actes illicites, protéger les civils et demander des comptes aux responsables.

Le Centre rappelle qu’Israël, en tant que puissance occupante, est tenu de protéger la population civile dans les territoires occupés en vertu du droit international humanitaire. Il lui est interdit de prendre les civils pour cible ou de mener des attaques indiscriminées ou disproportionnées. Israël demeure également tenu de respecter la Convention sur le génocide, tandis que les États parties ont des obligations de prévention et de répression de ce crime conformément au droit international.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme appelle la communauté internationale, les États garants et les médiateurs à agir d’urgence pour faire cesser toutes les attaques visant les civils, garantir une protection effective à la population palestinienne et lever les restrictions entravant l’accès aux biens essentiels ainsi que la réhabilitation des logements et des infrastructures détruits. Ces mesures doivent permettre le retour des personnes déplacées dans des logements sûrs et prévenir toute nouvelle mise en danger de leur vie.

Il appelle également à l’ouverture d’enquêtes indépendantes et effectives sur tous les cas de mise à mort et les violations documentées au cours de l’année écoulée, à la poursuite des responsables de crimes internationaux et à une coopération pleine avec les mécanismes de justice internationale, notamment la Cour pénale internationale, afin de mettre fin à l’impunité.

Le Centre conclut qu’un an après le cessez-le-feu, la réalité sur le terrain ne permet pas de considérer le génocide comme terminé tant que les tueries se poursuivent et que la population demeure confrontée à des menaces pesant sur sa survie. Alors que le génocide entre dans sa quatrième année, la communauté internationale est face à une responsabilité juridique et morale décisive : prendre des mesures effectives pour protéger les Palestiniens, mettre fin aux crimes et en poursuivre les responsables, plutôt que de laisser les victimes exposées à un danger permanent malgré l’annonce du cessez-le-feu.

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