Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a salué la décision des Nations unies d’inscrire, pour la première fois, les forces d’occupation israéliennes et leurs services de sécurité sur la liste noire des auteurs de violences sexuelles dans les zones de conflit, dans le cadre du rapport annuel du Secrétaire général des Nations unies présenté par la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles liées aux conflits, Pramila Patten.
Dans un communiqué, le Centre a déclaré que cette inscription, bien que tardive et incomplète, constitue une étape dans la bonne direction. Elle ne reflète toutefois qu’une infime partie de l’ampleur réelle des violations subies par les détenus palestiniens. Une partie de ces violations a été révélée par des témoignages et des rapports publiés par des organisations palestiniennes et internationales de défense des droits humains ainsi que par des médias, lesquels ont rapidement fait l’objet d’une campagne israélienne de diffamation, de menaces et d’intimidation visant à dissimuler la vérité.
Le Centre a souligné que le rapport onusien publié en mai 2026 a documenté des schémas systématiques de violences sexuelles commises contre des Palestiniens détenus dans plusieurs centres de détention israéliens. Le rapport a confirmé 31 incidents documentés touchant des hommes, des femmes et des enfants originaires de la bande de Gaza et de la Cisjordanie occupée.
Les violations recensées comprennent notamment la nudité forcée, les fouilles humiliantes sans fondement légal, les menaces de viol, ainsi que des actes de viol et d’agressions sexuelles commis à l’aide d’objets. Le rapport indique également que plusieurs victimes masculines ont souffert d’hémorragies rectales sévères pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, à la suite de tortures sexuelles, des actes qui constituent des crimes de guerre au regard du droit international humanitaire.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a affirmé que les chiffres figurant dans le rapport des Nations unies ne reflètent pas l’ampleur réelle des violations. Les témoignages des détenus libérés ainsi que les documentations recueillies par des organisations palestiniennes et internationales indiquent que le nombre de victimes pourrait se chiffrer par milliers et que l’ensemble des détenus ont été exposés, à des degrés divers, à des formes de violences sexuelles et d’humiliations allant de la nudité forcée jusqu’au viol.
Le Centre a condamné dans les termes les plus fermes la campagne israélienne systématique visant les organisations palestiniennes et internationales de défense des droits humains engagées dans la documentation de ces crimes, ainsi que leurs responsables et leurs employés. Il a notamment cité les attaques visant l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme, le Centre palestinien pour les droits de l’homme, Al-Haq, le Centre Al Mezan pour les droits de l’homme, Défense des Enfants International – Palestine, ainsi que de nombreux journalistes et analystes palestiniens et internationaux.
Le Centre a souligné que les tentatives de stigmatisation, de criminalisation, de harcèlement, de restrictions, les menaces de mort, les mesures de fermeture et le gel de comptes financiers visant ces organisations font partie intégrante du système d’impunité et constituent une tentative délibérée de réduire au silence les voix qui documentent les crimes et fournissent des preuves aux juridictions internationales.
Il a appelé le Conseil des droits de l’homme des Nations unies ainsi que l’ensemble des États à assurer une protection effective de ces organisations et à garantir la poursuite de leurs activités en toute liberté.
À la lumière des conclusions du rapport onusien et de l’accumulation de preuves crédibles recueillies par les organisations de défense des droits humains, le Centre a demandé l’autorisation immédiate et inconditionnelle pour les équipes d’enquête internationales indépendantes d’accéder à tous les lieux de détention israéliens, y compris le camp de Sde Teiman, la prison d’Atlit et les centres de détention militaires.
Le Centre a également appelé à la levée des restrictions imposées à la presse internationale et à lui permettre un accès libre à la bande de Gaza ainsi qu’aux prisons israéliennes afin de garantir une couverture indépendante et continue de la situation des détenus et des actes de génocide commis par Israël contre les Palestiniens.
Le Centre a demandé la libération immédiate de tous les détenus palestiniens et des personnes victimes de disparition forcée, ainsi que la cessation des pratiques de détention administrative arbitraire. Il a insisté sur la nécessité que les enquêtes menées par la Cour pénale internationale incluent les crimes de violences sexuelles documentés en tant que crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Le Centre a appelé les États parties aux Conventions de Genève à activer les mécanismes internationaux de responsabilité et à ne pas se contenter de condamnations verbales, estimant que le silence actuel constitue une forme de complicité qui favorise l’impunité.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a souligné que l’inscription d’Israël sur la liste des Nations unies relative aux violences sexuelles n’aura aucun sens si elle ne se traduit pas par des mesures contraignantes et des mécanismes effectifs de reddition de comptes. Il a averti que le silence international et la paralysie des mécanismes de contrôle ont contribué à renforcer l’impunité et à encourager la poursuite de ces crimes.
Enfin, le Centre a exhorté l’ensemble de la communauté internationale, le Conseil de sécurité, la Cour pénale internationale et les États signataires des Conventions de Genève à agir immédiatement et concrètement. Il a souligné qu’une justice tardive ne saurait réparer les souffrances des victimes de violences sexuelles et qu’une justice absente ouvre la voie à de nouvelles violations.



