Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits humains a mis en garde contre la dangereuse escalade israélienne continue visant à réduire l’espace géographique disponible à la vie dans la bande de Gaza, à travers une politique de grignotage progressif et l’imposition de nouveaux faits accomplis sur le terrain par la force militaire. La dernière illustration en date est l’annonce du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu concernant l’élargissement des zones placées sous contrôle israélien, passées d’environ 60 % à 70 % de la superficie de la bande de Gaza, ce qui signifie concrètement l’imposition d’une nouvelle zone tampon et l’achèvement d’un processus d’isolement et de fragmentation géographique de la population civile.
Dans un communiqué publié jeudi, le Centre a estimé que cette expansion constitue une évolution extrêmement grave dans le cadre de la politique de déplacement forcé et d’étouffement systématique de la population civile. Elle pousse plus de deux millions de Palestiniens, déplacés et habitants, à s’entasser de facto dans une superficie représentant moins de 10 % de la bande de Gaza, si l’on tient compte des zones devenues inhabitables ou impropres à la vie, y compris les cimetières, les vastes zones de décombres encore recouvertes des ruines de bâtiments détruits dont les gravats n’ont pu être évacués, ainsi que de larges portions de terres agricoles et de zones dangereuses ou isolées militairement.
Le Centre a souligné que cette réalité s’inscrit dans une politique israélienne organisée visant à remodeler la géographie démographique de la bande de Gaza, par l’imposition d’un environnement répulsif à la vie humaine fondé sur le siège, la famine, la destruction massive et l’interdiction de la reconstruction, parallèlement à la poursuite des opérations de قتل et de ciblage direct des civils dans l’ensemble du territoire.
Dans ce contexte, les équipes du Centre ont documenté, dans la soirée du mercredi 27 mai 2026, un bombardement particulièrement meurtrier mené par l’aviation de guerre israélienne dans la rue Omar Al-Mokhtar, dans la ville de Gaza. L’attaque a visé un immeuble de trois étages habité par plusieurs familles déplacées et entouré de camps de déplacés comprenant des dizaines de tentes surpeuplées de familles civiles. Le bombardement a fait 10 morts, dont cinq enfants, deux femmes et un homme âgé, ainsi qu’environ 30 blessés à des degrés divers. Les informations recueillies montrent également qu’un certain nombre de victimes et de blessés se trouvaient dans les tentes de déplacés entourant l’immeuble, les éclats et blocs de décombres ayant été projetés vers les tentes en raison de la violence de l’explosion.
Ce bombardement est intervenu quelques heures après d’autres opérations meurtrières dans la ville de Gaza, dans un contexte d’escalade manifeste de la politique d’assassinats et de ciblages quotidiens de civils, reflétant la poursuite d’un schéma de mise à mort à grande échelle contre la population palestinienne, parallèlement à la réduction des espaces disponibles à leur survie.
Le Centre de Gaza pour les droits humains a affirmé que le fait de pousser la population à se concentrer de force dans des poches isolées et surpeuplées, dépourvues des conditions les plus élémentaires de vie, tout en poursuivant les bombardements, l’affamement, l’interdiction d’un hébergement adéquat et la fermeture de l’espace humanitaire, constitue un crime de déplacement forcé collectif interdit et fait partie du crime de génocide au regard de la quatrième Convention de Genève et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Le Centre a également souligné que les faits en cours relèvent d’opérations planifiées, organisées et portées par des intentions déclarées, exprimées notamment par le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui a annoncé mercredi dernier qu’Israël mettrait en œuvre le plan de « migration volontaire » depuis la bande de Gaza au moment et selon les modalités jugés appropriés.
Le Centre a en outre averti que la poursuite par la communauté internationale d’un traitement de ces politiques comme de simples mesures militaires ordinaires offre à Israël une couverture effective pour continuer à imposer par la force brute de nouveaux faits démographiques et géographiques dans la bande de Gaza, et encourage l’élargissement des crimes commis contre les civils palestiniens.
Enfin, le Centre a renouvelé son appel à la communauté internationale, aux Nations unies et aux Hautes Parties contractantes aux Conventions de Genève afin qu’elles agissent de toute urgence pour mettre fin à la politique de grignotage et d’expansion militaire à l’intérieur de la bande de Gaza, stopper les crimes de massacres et de déplacement forcé, assurer une protection internationale immédiate aux civils et garantir la reddition de comptes pour les crimes et violations graves commis contre la population palestinienne.



