Nous mettons en garde contre un plan israélien systématique visant à achever la destruction des habitations restantes dans la bande de Gaza afin d’imposer le déplacement forcé

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Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a mis en garde contre l’escalade d’une politique systématique menée par les forces d’occupation israéliennes dans la bande de Gaza, consistant à évacuer de force les habitations encore debout par le biais d’appels téléphoniques, avant de les bombarder et de les détruire, alors même que la majorité d’entre elles sont déjà gravement endommagées et menacent de s’effondrer à la suite d’attaques antérieures. Le Centre considère que cette politique aggrave le déplacement massif de la population et consacre l’absence totale d’abri pour des milliers de civils palestiniens.

Dans un communiqué publié ce samedi, le Centre a exprimé ses profondes inquiétudes quant à une extension des opérations de destruction et de déplacement dans le centre de la bande de Gaza, à la suite de la répétition des opérations d’évacuation et de bombardement à l’est des camps d’Al-Bureij et d’Al-Maghazi, ainsi que des opérations de nivellement à l’est de Deir al-Balah.

Le Centre a indiqué avoir documenté, entre le 20 et le 22 mai 2026, la destruction par les forces d’occupation de quartiers résidentiels dans les camps d’Al-Nuseirat, d’Al-Bureij et d’Al-Maghazi, au centre de la bande de Gaza, après des appels téléphoniques ordonnant l’évacuation. Cette pratique confirme, selon le Centre, que ces attaques ne visent pas des objectifs militaires légitimes, mais cherchent à éliminer ce qu’il reste d’un environnement résidentiel encore habitable dans ces zones.

Le Centre a également indiqué que son équipe de terrain avait documenté au moins douze opérations de bombardement et de destruction ayant suivi des appels à évacuation au cours du mois de mai. Il s’agit d’une ancienne politique israélienne réactivée aujourd’hui dans le cadre d’un schéma documenté de longue date visant systématiquement l’environnement résidentiel dans la bande de Gaza.

Le Centre a rappelé que ces crimes interviennent après qu’Israël a détruit, au cours du génocide en cours, près de 90 % des bâtiments de la bande de Gaza, contraignant environ deux millions de personnes à vivre sous des tentes délabrées, à proximité des ruines de leurs maisons ou à l’intérieur de bâtiments fissurés et menaçant de s’effondrer, en l’absence totale d’alternatives de logement sûres.

Le Centre a souligné que la reprise intensive des attaques contre les habitations restantes démontre une volonté manifeste d’achever la destruction de l’environnement résidentiel dans ces zones et d’imposer une réalité humanitaire catastrophique poussant davantage de civils au déplacement.

Le Centre a également mis en garde contre la poursuite par les forces d’occupation de la réduction de l’espace géographique dans lequel vivent plus de deux millions de Palestiniens dans la bande de Gaza, un espace qui ne représente désormais pas plus de 35 % de la superficie totale du territoire, tout en imposant des conditions de vie catastrophiques rendant toute existence impossible, dans le but de préparer l’imposition de plans de déplacement forcé.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a insisté sur le fait que les appels téléphoniques ou les ordres d’évacuation émis par les forces d’occupation avant les attaques ne les exemptent nullement de leur responsabilité juridique et ne confèrent aucune légalité au ciblage des biens civils.

Le Centre a averti que les forces d’occupation utilisent cette méthode comme un instrument préalable aux opérations de destruction massive, d’intimidation et d’imposition du déplacement forcé. Il a affirmé que les incidents documentés, replacés dans leur contexte cumulatif avec des milliers d’incidents similaires, constituent une partie intégrante du crime de génocide en cours, à travers la destruction systématique des moyens de survie et des conditions de vie, ainsi que la soumission délibérée de la population civile à des conditions d’existence destinées à entraîner sa destruction physique totale ou partielle.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à contraindre l’occupation israélienne à mettre immédiatement fin à toutes les attaques visant les zones résidentielles et les habitations civiles dans la bande de Gaza.

Il a également appelé à une action internationale urgente afin d’assurer une protection effective des civils dans la bande de Gaza conformément aux règles du droit international humanitaire, et à faire pression sur Israël pour permettre l’entrée des matériaux d’hébergement d’urgence et le lancement des opérations de reconstruction indispensables pour les populations déplacées.

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