La réduction de l’espace géographique par les bombardements et l’expansion des zones interdites aggravent le risque de déplacement forcé à Gaza

Gaza – Le Gaza Center for Human Rights constate avec une profonde inquiétude et une vive préoccupation l’aggravation de la situation sur le terrain dans la bande de Gaza, marquée par une intensification des politiques des forces d’occupation israéliennes visant à imposer des réalités nouvelles par la force et à restreindre l’espace accessible aux populations civiles, dans un contexte de bombardements quotidiens et de pertes humaines continues quasi quotidiennes.

Le Centre indique que son équipe de terrain a documenté une nouvelle extension de la « zone jaune » à l’est de Khan Younès par le déplacement des repères visuels de sécurité en face de l’hôpital Dar al-Salam jusqu’à la route Salah al-Din entraînant le déplacement forcé de commerçants et de personnes déplacées craignant pour leur sécurité.

Ce changement intervient quelques semaines après l’instauration de la « ligne orange » qui a retranché environ 11 % de la superficie du territoire, portant à près de 65 % la part des zones restreintes ou interdites d’accès pour les civils palestiniens.

Le Centre attire l’attention sur le fait que cette extension au-delà du périmètre précédemment désigné comme zone jaune constitue une escalade grave des mesures limitant l’espace de vie des populations civiles. Cela contraint quelque 2,1 millions de personnes déplacées à se concentrer de manière forcée dans une portion du territoire qui ne dépasse pas 35 % de la bande de Gaza dans un contexte d’effondrement des services essentiels et de dégradation des conditions sanitaires et environnementales compromettant les conditions de vie humaines et augmentant les risques de propagation de maladies.

L’organisation signale également le bombardement et la destruction de plusieurs habitations dans le camp d’Al-Shati à l’ouest de la ville de Gaza, illustrant la poursuite d’une politique de destruction des structures résidentielles après la démolition de 90 % des bâtiments de la bande de Gaza depuis le début de l’offensive.

Le Centre documente qu’en soirée du vendredi 8 mai 2026, des appels téléphoniques émanant de l’armée israélienne ont informé des habitants de la région du camp d’Al-Shati qu’ils devaient évacuer leurs maisons et leurs tentes autour d’une habitation particulière. Sous la pression de la peur, ces familles ont quitté leurs lieux de vie sans pouvoir emporter leurs biens personnels.

Des avions de combat ont ensuite bombardé de nuit cette maison de trois étages avec deux missiles entraînant sa destruction ainsi qu’une destruction quasi totale d’une trentaine de maisons adjacentes et un incendie qui s’est propagé dans les ruelles densément peuplées du camp. Neuf civils ont été blessés, dont un dans un état jugé grave.

Le Centre souligne que le recours à des appels d’évacuation préalable n’atténue en rien l’illégalité du bombardement aux termes du droit international humanitaire et n’exonère pas la puissance occupante de ses obligations juridiques, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de nécessité, ainsi que l’interdiction de causer des dommages étendus aux biens civils protégés.

Ces évolutions surviennent alors que les données du ministère de la Santé à Gaza font état de cinq morts et quinze blessés arrivés dans les hôpitaux du territoire au cours des quarante-huit dernières heures, dont quatre nouvelles victimes et un corps extrait des décombres, tandis que des victimes restent ensevelies sous les ruines en raison de l’incapacité des équipes de secours à atteindre certains lieux. Depuis le cessez-le-feu du 10 octobre, le bilan total s’élève à plusieurs centaines de morts et milliers de blessés, et depuis le 7 octobre 2023, les statistiques cumulées continuent de s’alourdir.

Le Gaza Center for Human Rights affirme que ces politiques, y compris les bombardements à large impact, l’expansion des zones interdites et l’établissement de postes et installations militaires à l’intérieur de la bande de Gaza, constituent dans leur ensemble une tentative d’imposer de nouvelles réalités géographiques et sécuritaires par la force, avec des risques sérieux de déplacements forcés et de changements démographiques interdits par le droit international.

Le Centre appelle la communauté internationale, en particulier les États parties aux Conventions de Genève, à intervenir d’urgence pour mettre fin à ces violations, garantir la protection des civils et faire pression pour l’arrêt de la réduction de l’espace géographique accessible, la levée des restrictions de mouvement et l’accès humanitaire, afin de permettre aux populations de vivre en dignité et en sécurité sur l’ensemble de leur territoire sans menace permanente de bombardement ou de déplacement forcé.

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