Extension de la « zone jaune » et ciblage des infrastructures hydrauliques : deux indicateurs d’un plan israélien visant à imposer des faits accomplis dans la bande de Gaza

Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits humains a condamné la poursuite par les forces d’occupation israéliennes de l’extension de la « zone jaune » à l’est de la bande de Gaza. Selon le Centre, cette mesure s’inscrit dans une politique systématique visant à imposer de nouveaux faits accomplis sur le terrain par la force, à se soustraire aux arrangements en cours et à consolider le contrôle militaire sur de nouvelles portions du territoire, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux déplacements forcés de la population civile.

Dans un communiqué, le Centre indique que son équipe de terrain a documenté, ce lundi, l’extension de la zone jaune par les forces d’occupation dans le quartier de Shuja’iyya, à l’est de la ville de Gaza, jusqu’à la zone du « Souq al-Bastat », à travers le déplacement de blocs de béton jaunes, marquant ainsi une nouvelle extension des restrictions militaires imposées aux habitants.

Les chercheurs du Centre ont également observé deux bulldozers militaires et un char israélien au-delà des limites de la ligne jaune dans la zone de Barbara (anciennement)/Al-Shakoush, dans la région d’Al-Mawasi à Rafah. Les bulldozers ont commencé à raser des terres agricoles, tandis que des tirs intermittents visaient les tentes des personnes déplacées, illustrant la poursuite de l’expansion militaire au-delà des limites précédemment imposées par les forces d’occupation.

Le Centre a également signalé que les forces d’occupation et les milices armées qui leur sont affiliées ont, à plusieurs reprises, ouvert le feu en direction des tentes des déplacés dans cette zone, dans ce qui semble être une tentative de contraindre les habitants à l’abandonner.

Le Centre estime que ces mesures interviennent de manière particulièrement préoccupante alors que le « Conseil de la paix » a annoncé son intention d’ouvrir les premiers centres dits « d’hébergement humanitaire » dans la ville de Rafah. Ces centres risquent de devenir un instrument de reconfiguration de la réalité démographique dans la bande de Gaza, en confinant la population dans des zones déterminées, en fragmentant géographiquement le territoire et en poussant les civils à se déplacer sous la pression des opérations militaires. Une telle politique comporte des pratiques discriminatoires portant atteinte aux droits fondamentaux des Palestiniens et contrevient aux règles du droit international humanitaire.

Dans le même contexte, le Centre a condamné les attaques répétées de l’occupation contre les infrastructures liées à l’eau, estimant qu’elles s’inscrivent dans une politique délibérée consistant à faire de la soif une arme de guerre.

À cet égard, le Centre rappelle que des avions israéliens ont bombardé, dimanche soir, un atelier de métallurgie spécialisé dans la fabrication d’équipements destinés au forage de puits d’eau dans la ville de Gaza. L’attaque a tué quatre Palestiniens et fait plusieurs blessés. Quelques heures plus tard, les avions de guerre ont de nouveau frappé le même site, provoquant d’importantes destructions dans les immeubles résidentiels et les commerces environnants, ainsi que de nouvelles blessures parmi les civils.

Le Centre souligne que le ciblage des ateliers et des équipements destinés au forage de puits ne peut être dissocié de la politique de l’occupation visant à empêcher toute tentative d’atténuer la grave crise de l’eau qui frappe la bande de Gaza, alors que plus de deux millions de Palestiniens vivent l’une des pires crises de pénurie d’eau de leur histoire.

Selon les données des autorités compétentes, la production d’eau a chuté à environ la moitié de son niveau d’avant la guerre de génocide. Moins de la moitié de la population est désormais alimentée par les réseaux publics, tandis que les pertes dans ces réseaux atteignent près de 65 % en raison des destructions massives.

Le Centre relève également que la part moyenne d’eau disponible par personne est tombée à environ 25 litres par jour, alors que de nombreuses personnes déplacées disposent de moins de cinq litres quotidiennement, une quantité largement inférieure au minimum humanitaire nécessaire à la survie.

Le Centre affirme que la combinaison de l’extension des zones militaires, de la destruction des moyens essentiels de subsistance, du ciblage des ressources en eau et de la création de centres d’hébergement dans des zones contrôlées par les forces d’occupation révèle une politique globale visant à remodeler par la force la réalité géographique et démographique de la bande de Gaza. Cette politique crée des conditions de vie poussant les habitants au déplacement forcé et constitue de graves violations du droit international humanitaire, notamment de l’interdiction absolue du transfert forcé des populations civiles et de la prohibition des punitions collectives.

Le Centre de Gaza pour les droits humains appelle la communauté internationale à agir de toute urgence afin de mettre un terme à la politique israélienne de faits accomplis, d’empêcher toute nouvelle extension des zones militaires dans la bande de Gaza, de garantir la protection des infrastructures civiles, en particulier des installations et réseaux d’eau, et d’assurer un accès sûr aux équipes chargées de la maintenance, du forage et des secours, sans entrave ni ciblage.

Le Centre appelle également au rejet de tout dispositif ou projet présenté comme humanitaire qui servirait de couverture à une redistribution forcée de la population ou à la consolidation de la fragmentation géographique de la bande de Gaza. Il rappelle que toute réponse humanitaire doit être fondée sur les principes d’humanité, de neutralité et de non-discrimination, et ne saurait être instrumentalisée au service d’objectifs militaires ou politiques incompatibles avec le droit international et les droits du peuple palestinien.

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