Rencontre de l’ambassadeur de l’Union européenne avec une députée de la Knesset ayant justifié le meurtre des enfants de Gaza : un acte indigne qui exige des excuses

Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a exprimé sa condamnation ferme et sans équivoque des agissements de l’ambassadeur de l’Union européenne auprès d’Israël, Michael Mann, dénonçant une tentative de normalisation officielle européenne avec un discours d’extermination. Le Centre a critiqué sa rencontre avec la députée israélienne à la Knesset, Merav Ben Ari, connue pour sa déclaration choquante appelant à faire porter aux enfants de Gaza la responsabilité de leur propre sort.

Dans un communiqué, le Centre a précisé que l’ambassadeur Michael Mann a rencontré Ben Ari et publié, le 13 mai, un message sur la plateforme X dans lequel il s’est félicité de l’échange de vues avec elle sur l’avenir des relations entre Israël et l’Union européenne.

Selon l’organisation, cette rencontre et la description positive qui l’a accompagnée confèrent une légitimité diplomatique à une personnalité dont les positions documentées sont en contradiction fondamentale avec les valeurs fondatrices de l’Union européenne et la Charte universelle des droits de l’homme.

Le Centre a souligné qu’un haut représentant de l’Union européenne ne peut entretenir des relations avec une personnalité ayant explicitement appelé à tenir des enfants civils pour responsables de leur propre mort sans adopter une position claire et publique à l’égard de telles déclarations.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a rappelé les propos d’une gravité extrême tenus par Ben Ari. En octobre 2023, depuis la tribune de la Knesset israélienne, elle a prononcé une déclaration dénoncée par des organisations internationales de défense des droits humains, relayée par des agences de presse et documentée par Human Rights Watch. Elle a déclaré textuellement : « Les enfants de Gaza… les enfants de Gaza ont provoqué cela eux-mêmes. Nous sommes un peuple qui vit en paix, un peuple qui cherche la vie. » À cette date, près d’un millier d’enfants palestiniens avaient été tués dans les attaques israéliennes contre la bande de Gaza. Aujourd’hui, le nombre dépasse 21 500 enfants tués, plus de 42 000 blessés, des dizaines d’enfants portés disparus, et des milliers d’orphelins et d’enfants non accompagnés, sans qu’aucune excuse ni rétractation n’ait été formulée.

Le Centre a affirmé que ces propos ne sauraient faire l’objet d’aucune interprétation atténuante et ne peuvent être dissociés du contexte du génocide en cours mené par Israël contre les Palestiniens, y compris les enfants. Justifier le meurtre d’enfants sur la base de leur appartenance nationale ou géographique ne relève pas d’une opinion politique, mais constitue un discours d’extermination documenté, relevant du champ des crimes contre l’humanité au regard du droit international.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a réitéré que la protection des enfants est une obligation absolue qui ne souffre ni exception ni compromis. Tout discours cherchant à accorder une quelconque justification morale, juridique ou politique au ciblage d’enfants, quel qu’en soit l’auteur, constitue une violation manifeste de la Convention relative aux droits de l’enfant et du droit international humanitaire.

Il a ajouté que couvrir le ciblage d’enfants sous quelque prétexte que ce soit, ou traiter de manière ordinaire et sans réserve les promoteurs d’un tel discours, est inacceptable pour tout responsable international et incompatible avec les standards que l’Union européenne est censée incarner.

Au vu de ce qui précède, le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a exigé de l’ambassadeur de l’Union européenne auprès d’Israël, Michael Mann, des excuses publiques immédiates pour cette rencontre et pour la qualification positive qu’il a exprimée à l’égard d’une députée ayant promu un discours d’extermination des enfants.

Le Centre a également appelé à une clarification explicite de la position européenne concernant les déclarations de Ben Ari et ce qu’elles représentent en termes d’incitation documentée, insistant sur le respect des critères de l’Union européenne en matière de droits humains dans le choix des personnalités bénéficiant d’une légitimité diplomatique, en particulier s’agissant de la protection des civils et des enfants.

Enfin, il a appelé la Commission européenne à réexaminer les mécanismes de conditionnalité liés aux droits humains dans le cadre des relations diplomatiques avec les responsables israéliens.

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