Gaza – Le Centre Gaza pour les droits humains a déclaré que dix mille citoyens palestiniens sont décédés en raison du manque d’accès aux soins dans la bande de Gaza, conséquence du génocide et du ciblage du système de santé. Parmi eux, mille personnes sont mortes parce qu’elles ont été empêchées de voyager pour recevoir un traitement, en raison des restrictions israéliennes au cours des 25 derniers mois. Le Centre appelle la communauté internationale à intervenir d’urgence pour obliger Israël à lever ces restrictions, ouvrir les points de passage, garantir la liberté de déplacement et assurer les besoins des hôpitaux dans la bande de Gaza.
Dans son communiqué publié ce dimanche, le Centre a mis en garde que des milliers de patients palestiniens dans la bande de Gaza vivent une course quotidienne contre la montre. Leur état de santé se détériore en raison de l’effondrement du système de santé, du manque d’équipements et de traitements adéquats, ainsi que de la poursuite de la fermeture du passage de Rafah et des obstacles israéliens qui les empêchent de voyager.
Le Centre a confirmé avoir documenté la mort de 10 000 patients, dont des femmes et des enfants, durant leur parcours de soins dans la bande de Gaza au cours des deux années de génocide mené par Israël, durant lesquelles le système de santé a été ciblé et détruit de manière systématique.
Il a indiqué qu’entre les décès documentés, mille patients figuraient sur les listes de personnes enregistrées pour voyager, mais sont décédés en raison de la dégradation de leur état de santé et de l’absence de traitements appropriés. Quant aux autres cas, ils sont morts faute de moyens de soins, ainsi qu’à cause de la destruction des équipements médicaux, des laboratoires et des médicaments dans le secteur.
Le Centre de Gaza a demandé à la communauté internationale et à l’Organisation mondiale de la santé de ne pas accepter le système actuel d’évacuation médicale, qui place Israël comme seul contrôleur du processus. En effet, la demande de transfert médical passe par une série de procédures complexes qui se terminent soit par un refus israélien, soit par un retard de réponse, tandis que l’état des patients se détériore faute de traitements adéquats dans la bande de Gaza.
Il a ajouté que 16 500 patients sont toujours en attente d’une autorisation, dont 4 000 enfants nécessitant un transfert immédiat pour sauver leur vie, tandis que des milliers d’autres attendent d’obtenir les orientations médicales nécessaires.
Le Centre de Gaza pour les droits humains a indiqué avoir collecté des données sur plus de mille cas de patients empêchés de voyager, parmi lesquels des malades atteints de cancer dont les tumeurs se sont aggravées en raison de l’interruption de la radiothérapie, des personnes grièvement blessées ayant perdu leurs membres parce que les transferts médicaux n’ont pas été effectués à temps, ainsi que des enfants en attente de greffes impossibles à réaliser à Gaza après la destruction de la plupart des services spécialisés.
Il a expliqué que les équipes du Centre suivent des cas flagrants illustrant l’ampleur de la catastrophe, parmi lesquels un enfant de six ans souffrant d’une atrophie musculaire avancée et nécessitant un transfert urgent pour la pose d’un appareil respiratoire, une femme d’une quarantaine d’années atteinte d’un cancer du sein dont le traitement a été retardé de plus de dix mois, réduisant ainsi ses chances de guérison, et un jeune homme victime d’une grave lésion de la colonne vertébrale lors d’un bombardement, qui attend une décision d’évacuation médicale depuis huit mois malgré les avertissements des médecins concernant un risque de paralysie totale.
Le Centre de Gaza pour les droits humains a affirmé que ces cas ne représentent qu’une petite partie d’un tableau beaucoup plus vaste, dans lequel les habitants de Gaza sont privés de leur droit le plus élémentaire : l’accès aux soins. La destruction ou le bombardement de la majorité des hôpitaux, l’assassinat d’un grand nombre de membres du personnel médical et l’arrestation d’autres ont considérablement affaibli la capacité à fournir des services de santé, d’autant plus que la plupart des équipements médicaux spécialisés sont désormais hors service.
Le coordinateur des activités du Centre, l’avocat Mohammed Al-Khairi, a déclaré que l’occupation applique une politique de siège médical ouvert, constituant une punition collective à l’encontre des patients.
Il a souligné que tout retard dans le transfert des cas critiques équivaut à une condamnation directe à mort, d’autant plus que le système de santé a été détruit au cours de deux années de génocide, rendant les hôpitaux hors service et l’accès aux soins en dehors de Gaza pratiquement impossible.
Le Centre de Gaza pour les droits humains a appelé à une intervention internationale réelle afin de restituer aux patients leur droit à la vie, notamment en ouvrant des passages stables et sûrs pour l’évacuation médicale sans restriction sécuritaires, et en garantissant le transfert des cas critiques en quelques heures selon un mécanisme international indépendant.
Il a appelé à tenir Israël responsable de l’utilisation du siège médical comme un instrument de meurtre systématique, dans le cadre du génocide qu’elle commet.
Il a également demandé un soutien urgent pour les hôpitaux et centres de santé restants, qui continuent de fournir le minimum de soins.



