La fermeture des points de passage sous prétexte de la guerre avec l’Iran constitue une punition collective, tandis que les civils de Gaza sont pris en otage par Israël

Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a déclaré que la décision des forces d’occupation israéliennes de fermer les points de passage de la bande de Gaza, y compris Kerem Shalom et le poste-frontière de Rafah, sous prétexte des attaques de missiles iraniennes, constitue une instrumentalisation flagrante et inacceptable de l’escalade régionale et un moyen d’imposer davantage de sanctions collectives à plus de deux millions de civils qui subissent depuis 32 mois les conséquences d’un génocide en cours.

Dans un communiqué publié ce lundi, le Centre a indiqué avoir suivi avec indignation l’annonce faite ce matin par le Coordinateur des activités gouvernementales israéliennes dans les territoires palestiniens (COGAT) concernant la fermeture des points de passage avec la bande de Gaza jusqu’à nouvel ordre, à la suite de l’échange d’attaques de missiles entre Israël et l’Iran. Cette politique récurrente consiste à punir les civils de Gaza pour des événements auxquels ils ne sont nullement liés et à les transformer en otages des évolutions politiques et sécuritaires régionales.

Le Centre a souligné que cette approche israélienne incarne l’essence même des sanctions collectives expressément interdites par l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève. Il a insisté sur le fait qu’aucune escalade entre acteurs régionaux ne peut, en aucune circonstance, constituer une justification juridique ou morale pour priver les civils de Gaza de nourriture, de médicaments ou de carburant.

Le Centre a déclaré : « Les droits fondamentaux des civils ne sont ni une monnaie d’échange ni le prix d’un apaisement régional. » Il a ajouté que la fermeture des points de passage constitue une violation du droit international, quelle qu’en soit la justification invoquée.

Le Centre a indiqué que cette nouvelle fermeture intervient alors que s’accumulent déjà les violations systématiques de l’accord de cessez-le-feu conclu le 10 octobre dernier. Les données de suivi sur le terrain illustrent l’ampleur de la catastrophe humanitaire que traverse actuellement la bande de Gaza.

Il a rappelé que la puissance occupante n’a pas respecté les dispositions de l’accord relatives à l’entrée de l’aide humanitaire, lesquelles prévoyaient l’entrée quotidienne de 600 camions, dont 50 camions de carburant. Or, le volume de carburant effectivement introduit n’a pas dépassé 14,7 % des quantités convenues, tandis que le nombre total de camions autorisés à entrer n’a atteint que 36,2 % du volume prévu.

Le Centre a également souligné qu’au cours de la seule semaine écoulée, 1 186 camions sont entrés dans la bande de Gaza sur les 4 200 prévus par l’accord, soit seulement 28,2 % du volume convenu. Toute nouvelle fermeture représente donc une véritable catastrophe pour l’ensemble de la population civile de Gaza et ravive le spectre de la famine, même si ces mesures sont présentées comme temporaires.

Il a averti que la fermeture des points de passage ne signifie pas seulement un retard dans l’acheminement de l’aide, mais entraîne également la mort de patients aux portes des hôpitaux, la faim pour les enfants et l’effondrement de ce qu’il reste du système de santé, alors que plus de 20 000 malades ont besoin d’une évacuation médicale urgente.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a réaffirmé que les droits fondamentaux des civils ne sauraient être suspendus ou négociés en fonction des circonstances politiques ou sécuritaires du moment. Le droit à l’alimentation, aux soins médicaux, au logement et à la liberté de circulation est garanti tant par le droit international humanitaire que par le droit international des droits de l’homme. Aucun de ces cadres juridiques n’autorise l’utilisation des civils comme otages ou moyens de pression dans les conflits politiques ou militaires.

Le Centre a déclaré que la persistance d’Israël à présenter la fermeture des points de passage comme une mesure de sécurité légitime, alors qu’il s’agit en réalité d’un instrument de pression politique exercé au détriment des civils, révèle un schéma systématique de manipulation des mécanismes humanitaires à des fins politiques et militaires.

À la lumière de ce qui précède, le Centre de Gaza pour les droits de l’homme demande l’ouverture immédiate et inconditionnelle de tous les points de passage de la bande de Gaza, la reprise de l’entrée de l’aide humanitaire et commerciale ainsi que la reprise des déplacements des personnes. Il appelle également à cesser immédiatement d’utiliser la fermeture des points de passage comme instrument de pression politique ou sous couvert de considérations sécuritaires, quelle que soit la nature des développements régionaux.

Le Centre exige en outre le respect intégral et immédiat de l’engagement portant sur l’entrée quotidienne de 600 camions, dont 50 camions de carburant, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de contrôle international indépendant et transparent garantissant la satisfaction des besoins de la population de Gaza, y compris l’entrée des matériaux nécessaires aux travaux et à la reconstruction.

Il appelle la communauté internationale à contraindre Israël à ne pas utiliser les développements régionaux comme prétexte pour suspendre ses obligations humanitaires envers la bande de Gaza, laquelle a besoin de mesures de sauvetage urgentes et non de nouvelles sanctions.

Enfin, le Centre a souligné la nécessité de poursuivre sans délai des enquêtes internationales indépendantes sur les crimes de génocide et de traduire en justice les responsables des violations du droit international, afin de garantir la reddition de comptes, la réparation des préjudices et l’accès à la justice pour les victimes.

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