Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a exprimé sa profonde inquiétude face à la situation de vide administratif et gouvernemental que connaît la bande de Gaza, 145 jours après l’annonce du cessez-le-feu, dans un contexte de stagnation évidente dans les processus de gestion de la phase de transition, ainsi que du retard dans la prise de fonctions effectives sur le terrain par les autorités dont la formation avait été annoncée.
Le Centre a averti, dans un communiqué, que la poursuite de ce vide administratif dans une réalité déjà épuisée par le génocide qui dure depuis plus de deux ans menace d’avoir de graves répercussions sur l’ensemble des droits fondamentaux de la population.
Le Centre a indiqué que la Commission nationale pour la gestion de Gaza n’a pas encore assumé ses missions concrètes à l’intérieur de la bande de Gaza et s’est limitée à publier des communiqués et des déclarations depuis l’extérieur. Par ailleurs, aucune mesure concrète n’a été observée de la part des autres instances formées pour gérer la phase de transition, y compris le Conseil exécutif et le Conseil de la paix. Cela soulève de sérieuses questions quant à l’objectif de ces structures et à leur capacité à répondre aux besoins urgents de la population dans un contexte humanitaire extrêmement complexe.
Le centre de défense des droits humains a précisé que cela intervient alors qu’Israël continue de commettre de graves violations contre les Palestiniens dans la bande de Gaza, à travers des bombardements aériens et d’artillerie répétés, des tirs directs sur les civils, entraînant des morts et des blessés, ainsi qu’une politique systématique d’organisation de la famine par le biais d’un blocus étouffant et de l’entrave à l’entrée de l’aide humanitaire et des produits de première nécessité.
Le centre a souligné que ces pratiques confirment que le cessez-le-feu n’a pas réellement mis fin aux graves violations auxquelles sont confrontés les habitants de la bande de Gaza, et qu’elles démontrent que les actes de génocide se poursuivent, même si c’est à un rythme plus faible ou de manière plus silencieuse.
Le centre estime également que la situation actuelle de vide administratif aggrave davantage la gravité de la crise humanitaire, dont les effets commencent à apparaître clairement dans les secteurs de la santé et de l’éducation, parmi les plus touchés après 28 mois de génocide ayant visé largement les infrastructures civiles.
Le centre a indiqué que cela a conduit à l’effondrement d’une grande partie du système de santé et à la destruction d’environ 90 % des établissements éducatifs, en plus de la mort de milliers de membres du personnel médical et éducatif, ce qui nécessite une réponse urgente allant au-delà des initiatives partielles ou temporaires.
Le centre a également signalé qu’Israël cible délibérément les structures gouvernementales qui étaient gérées par le mouvement Hamas dans la bande de Gaza. Dans le même temps, il impose des restrictions empêchant le gouvernement de l’Autorité palestinienne d’assumer ses responsabilités administratives dans le territoire. Par ailleurs, Israël n’a pas encore autorisé la Commission nationale pour la gestion de Gaza à entrer dans la bande de Gaza pour commencer l’exercice de ses fonctions.
Il a déclaré qu’avec ce comportement, Israël laisse en réalité la population civile face à un dangereux vide administratif à l’un des moments les plus sensibles de l’histoire de la bande de Gaza.
Le centre de défense des droits humains a exprimé son étonnement de voir que la question du recrutement d’éléments de police figure parmi les priorités de la Commission nationale — malgré son importance pour le maintien de l’ordre public — alors qu’aucune mesure concrète n’a encore été prise pour faire face à l’effondrement grave du secteur de la santé ou pour relancer le processus éducatif sur des bases réelles.
Il a souligné que cette orientation suscite des inquiétudes légitimes quant au risque de privilégier une approche sécuritaire au détriment des droits fondamentaux de la population, ce qui pourrait ouvrir la voie à des tensions internes, alors même que la situation exige de concentrer les efforts sur le sauvetage des secteurs vitaux, en premier lieu la santé et l’éducation.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a souligné que la reconstruction du système de santé et le relancement du processus éducatif doivent figurer en tête des priorités urgentes de toute administration transitionnelle, étant donné que ces deux secteurs constituent la base de la vie civile dans la bande de Gaza.
Il a également affirmé que les initiatives limitées actuellement en place ne sont pas à la hauteur des défis engendrés par la destruction massive des établissements de santé et d’éducation.
Le centre a mis en garde contre le risque que l’attention des parties se focalisant sur les développements et les répercussions de la guerre entre Israël et les États-Unis contre l’Iran entraîne la négligence des voies de secours, d’aide humanitaire et d’hébergement dans la bande de Gaza, qui a été victime d’un génocide sans précédent depuis octobre 2023, dont les épisodes se poursuivent sous diverses formes jusqu’à aujourd’hui.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a appelé la Commission nationale pour la gestion de Gaza à assumer ses responsabilités nationales et humanitaires, à passer immédiatement des simples déclarations à l’exercice effectif de ses fonctions sur le terrain, et à mettre en place un plan d’urgence clair pour relancer les services essentiels, en priorité les secteurs de la santé et de l’éducation.
Il a également appelé la communauté internationale, les Nations unies, ainsi que les organisations humanitaires et les donateurs internationaux à intervenir de toute urgence pour faire lever les restrictions qui entravent la gestion des affaires civiles dans la bande de Gaza, à garantir que les institutions civiles puissent remplir leurs missions, et à fournir les ressources nécessaires pour relancer les secteurs vitaux.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a conclu son communiqué en affirmant que la poursuite du vide administratif dans la bande de Gaza, parallèlement aux violations quotidiennes commises par Israël et au blocus étouffant, menace d’aggraver la catastrophe humanitaire et compromet les restes des conditions de vie civile pour plus de deux millions de Palestiniens vivant dans le territoire. Il a insisté sur le fait qu’une action urgente et coordonnée n’est plus une option, mais une nécessité impérative pour protéger les droits fondamentaux de la population et prévenir un effondrement supplémentaire de la situation humanitaire.



