Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a déclaré qu’Israël a œuvré, durant six mois, à un affaiblissement systématique et continu de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, le vidant ainsi de sa portée concrète et le transformant en un cadre formel qui ne garantit ni la protection des civils ni le minimum des conditions de vie.
Le centre a précisé, dans un communiqué, que son équipe de terrain a documenté la poursuite des violations israéliennes de manière systématique, que ce soit à travers des attaques et des frappes militaires directes ou via des politiques restrictives qui aggravent la catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza.
Il a indiqué que, depuis le début de l’accord, la mort de 743 Palestiniens a été documentée, dont 205 enfants, 86 femmes et 21 personnes âgées, en plus de 2 036 blessés, dans un contexte de poursuite des tirs, des bombardements, des incursions et de la destruction de maisons, avec une moyenne quotidienne de 13,1 violations.
Il a averti que l’armée d’occupation n’a pas respecté les lignes de retrait convenues, continuant à imposer un contrôle effectif par le feu sur des zones estimées à environ 34 kilomètres carrés en dehors du périmètre de l’accord, y compris la « ligne jaune ». Cela restreint la circulation des civils, met leur vie en danger et empêche un accès sûr aux terres agricoles et aux sources de subsistance.
Il a affirmé que l’armée israélienne a œuvré à étendre la portée de la « ligne jaune » d’au moins dix fois en six mois, contrôlant ainsi de facto plus de 54 % de la superficie du territoire. Elle poursuit les عمليات de destruction et de démolition dans ces zones, y établit des positions militaires et permet à des milices armées locales soutenues par elle de s’y déployer et d’en faire une base pour mener des attaques et des agressions contre les citoyens palestiniens et leurs biens en dehors de ces zones.
Sur le plan humanitaire, le Centre de Gaza a indiqué que l’occupation continue de violer le protocole humanitaire, notamment en ce qui concerne l’entrée de l’aide. L’accord prévoyait l’entrée de 600 camions par jour, mais ce qui entre réellement ne dépasse pas 39 % de ce nombre, avec une baisse préoccupante de l’entrée de carburant, qui n’atteint qu’environ 14,9 % des quantités requises. Cela contribue à perturber les services essentiels, en particulier l’électricité, l’eau et l’assainissement, et aggrave la crise humanitaire.
Dans ce contexte, le centre des droits humains a exprimé sa vive indignation face aux déclarations trompeuses du coordinateur supérieur du Conseil de la paix, Nikolay Mladenov, qui a évoqué l’entrée de 602 camions hier jeudi, alors que les données de terrain confirment que le nombre réel n’a pas dépassé 207 camions. Cela reflète un écart préoccupant entre les déclarations officielles et la réalité, affaiblit la confiance dans les mécanismes de contrôle internationaux et soulève de sérieuses questions quant au rôle des structures mises en place dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, ainsi qu’à leur incapacité à assumer leurs responsabilités ou à produire un changement, que ce soit en matière d’arrêt des violations israéliennes ou d’amélioration tangible de la situation humanitaire catastrophique résultant de deux années de génocide commis par Israël.
Le centre des droits humains a également indiqué que l’occupation continue de perturber le fonctionnement du poste-frontière de Rafah et d’imposer des restrictions arbitraires à la circulation des voyageurs, en particulier des malades et des blessés. Les données indiquent que le taux de respect des mesures visant à faciliter le passage des voyageurs n’a pas dépassé 25 %, avec la poursuite de la fermeture effective du terminal et l’entrave aux opérations d’évacuation et de traitement, en violation flagrante du droit à la santé et à la vie.
Il a indiqué que le secteur de la santé connaît un effondrement accéléré en raison du manque de fournitures médicales et de l’interdiction d’introduire les équipements et machines nécessaires, ainsi que de la pression énorme causée par le nombre élevé de blessés. Parallèlement, l’occupation poursuit la démolition des maisons et des infrastructures, entrave les efforts de reconstruction et empêche l’entrée des matériaux nécessaires à cet effet.
Il a également averti que l’occupation restreint le travail des institutions nationales et internationales, empêche l’enregistrement d’un certain nombre d’entre elles et entrave l’action du comité administratif chargé de gérer les affaires du secteur, malgré la limitation de ses compétences, ce qui compromet toute tentative d’organiser la réponse humanitaire ou de rétablir une vie normale.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a affirmé que ces violations israéliennes accumulées constituent une grave atteinte à l’accord de cessez-le-feu ainsi qu’aux dispositions du droit international humanitaire, et représentent une preuve claire de l’absence de volonté de l’occupation de respecter ses engagements.
En conséquence, le Centre a appelé la communauté internationale, les Nations unies et les parties garantes de l’accord à assumer leurs responsabilités juridiques et morales, et à prendre des mesures urgentes et efficaces pour mettre fin à ces violations, garantir l’acheminement suffisant de l’aide humanitaire, lever les restrictions imposées au secteur et assurer une protection internationale aux civils.
Il a également demandé l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les violations documentées, la mise en cause des responsables, ainsi que le travail sérieux pour faire respecter l’accord de cessez-le-feu d’une manière qui garantisse la dignité de l’être humain palestinien et ses droits fondamentaux.



