Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a condamné dans les termes les plus fermes les opérations criminelles menées par des milices armées agissant au profit de l’armée israélienne à l’intérieur de la bande de Gaza. Parmi les conséquences les plus récentes figure la mort de 10 civils, après l’intervention des forces d’occupation pour assurer une protection et un soutien directs à ces milices, à la suite d’attaques de grande ampleur menées dans le camp d’Al-Maghazi, au centre de la bande de Gaza.
Le centre a précisé dans un communiqué qu’une force armée appartenant à ces milices s’est avancée, dans la soirée du lundi 6 avril 2026, vers la partie ouest du camp d’Al-Maghazi. Elle s’est infiltrée dans une zone densément peuplée, située à proximité de la « ligne jaune », et a commencé à commettre des agressions criminelles.
Lorsque les habitants ont découvert cette force, ils lui ont résisté. Au cours de ces événements, des drones de l’armée israélienne ont fourni un soutien direct à la milice infiltrée, en ouvrant un feu intense et indiscriminé dans les ruelles du camp afin de couvrir son retrait, pendant une heure entière.
Cette attaque a fait dix morts parmi les civils et des dizaines de blessés, présentant des blessures de gravité variable.
Il a indiqué que son équipe de terrain avait déjà documenté de nombreux crimes odieux commis par ces milices, notamment le pillage de convois d’aide humanitaire, les enlèvements et actes de torture, ainsi que des meurtres atroces, le tout sous la protection des forces de l’armée israélienne.
Le centre des droits de l’homme a souligné que la formation, le soutien ou l’orientation de milices locales pour agir au profit d’une puissance occupante, ainsi que la conduite d’opérations armées et criminelles dans des zones civiles densément peuplées, constituent une violation grave des dispositions de la Quatrième Convention de Genève de 1949.
Cela engage la responsabilité juridique directe de la puissance occupante, que ce soit pour les actes de ses forces régulières ou pour ceux des milices agissant sous ses directives, sa protection ou avec son appui.
Il a affirmé que tous les crimes et violations commis par ces groupes relèvent pleinement de la responsabilité juridique des forces d’occupation israéliennes, en leur qualité de puissance occupante.
Le centre a estimé que le recours de la puissance occupante à des milices armées pour exécuter des missions sécuritaires ou militaires à l’intérieur des camps et des quartiers résidentiels constitue une escalade dangereuse et une tentative de contourner ses responsabilités juridiques.
Cela reflète également une persistance dans la politique de ciblage des civils et de mise en danger de leur vie, dans le cadre plus large de violations systématiques pouvant s’élever au rang de crimes de guerre.
Face à cela, le centre a appelé la communauté internationale, y compris les Nations unies et les Hautes Parties contractantes aux Conventions de Genève, à agir d’urgence afin de faire pression sur Israël pour mettre fin à ce comportement illégal, et à garantir que des milices locales ne soient pas utilisées comme instrument de répression contre la population civile ou pour mener des opérations militaires au sein des zones habitées.
Le centre a également demandé l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur ce crime et sur d’autres crimes similaires, la mise en responsabilité de tous les auteurs impliqués, l’accès à la justice et l’indemnisation des victimes, ainsi que la mise en place d’une protection internationale effective pour les civils de la bande de Gaza, face à l’incapacité manifeste de freiner l’escalade des violations.



