Cessez-le-feu sans garanties : près de cinq Palestiniens tués chaque jour à Gaza par Israël

Gaza – Le Centre des droits de l’homme de Gaza a déclaré qu’Israël poursuit, pour le 134e jour consécutif, la violation de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, à travers une politique systématique fondée sur des homicides intentionnels, des tirs directs, des bombardements aériens et d’artillerie, ainsi que des opérations de destruction de maisons, en plus de l’entrave au protocole humanitaire et du blocage de l’entrée de l’aide et du carburant.

Le centre a précisé, dans un communiqué publié dimanche, que son équipe de terrain relève des violations quotidiennes ininterrompues et s’emploie à les documenter selon des normes professionnelles et juridiques. Il a indiqué que les données cumulées au cours des 133 derniers jours montrent que les forces d’occupation ont commis en moyenne 13,5 violations par jour, dans une trajectoire constante qui vide l’accord de son contenu et le transforme en couverture pour la poursuite de l’agression.

Il a indiqué que parmi les crimes documentés figure un incident survenu ce dimanche matin 22 février 2026, au cours duquel la citoyenne Basma Aram Banat (27 ans) a été tuée après avoir été atteinte par des tirs de l’armée israélienne près du rond-point de Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza, dans un cas de tirs directs visant des civils.

Il a également indiqué que son équipe a documenté un autre crime survenu samedi matin 21 février 2026, lorsqu’un drone israélien a ciblé, à l’aide d’une bombe, le jeune Majed Nabil Fouad Abou Maʿrouf (29 ans), alors qu’il se rendait pour inspecter sa maison dans le bloc (2) du camp de Jabalia, au nord de la bande de Gaza. Il a été tué sur le coup, succombant à des blessures causées par des éclats dispersés sur différentes parties de son corps.

Il a affirmé que ces deux crimes s’inscrivent dans le cadre d’une approche organisée d’attaques variées, allant des bombardements aériens et d’artillerie aux opérations de destruction et aux tirs dans différentes zones de la bande de Gaza. Cela confirme, selon lui, la poursuite de l’imposition par Israël d’un contrôle par le feu sur de vastes zones, en contradiction avec les lignes de retrait convenues dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025.

Selon le communiqué, le nombre de Palestiniens tués depuis l’entrée en vigueur de l’accord s’élève à 642 morts, soit une moyenne d’environ 4,8 martyrs par jour, dont 197 enfants, 85 femmes et 22 personnes âgées, représentant 47,2 % du total des victimes.

Le nombre de blessés a, quant à lui, atteint 1 643 personnes, avec une moyenne quotidienne d’environ 12,3 blessés, dont 504 enfants, 330 femmes et 89 personnes âgées, ce qui constitue 56,1 % du total des blessés.

Il a souligné que ces chiffres reflètent un schéma récurrent de ciblage des catégories protégées en vertu du droit international humanitaire, en premier lieu les enfants et les femmes, ce qui constitue une violation grave des Conventions de Genève et appelle à une responsabilité pénale internationale.

Le centre de défense des droits humains a indiqué que les violations ne se limitent pas aux homicides et aux bombardements quotidiens, mais incluent également le non-respect par Israël de l’engagement d’autoriser l’entrée de 600 camions par jour, comme stipulé dans l’accord, dont 50 camions de carburant. Il a précisé que le volume effectivement autorisé ne dépasse pas 43 % du total des camions convenus, tandis que le taux d’entrée du carburant n’a pas dépassé 15 % de la quantité prévue, ce qui conduit à la paralysie des services essentiels et entrave la réparation des infrastructures.

Il a également confirmé la poursuite de l’entrave au passage des voyageurs par le point de passage de Rafah et l’imposition de restrictions arbitraires, le taux de respect par l’occupant du nombre de passagers convenu n’ayant pas dépassé 40,3 %, constituant une violation manifeste de la liberté de circulation et des obligations contractuelles prévues par l’accord.

Il a souligné que toutes ces données montrent qu’Israël continue de commettre des actes de génocide contre les habitants de la bande de Gaza sous diverses formes : des assassinats directs et le ciblage de civils à la destruction des moyens de subsistance et à la privation des conditions de survie les plus élémentaires, dans un contexte dépourvu de tout acte de combat pouvant justifier, même partiellement, ces agressions unilatérales.

Il a averti que cette politique se poursuit dans un silence international suspect, qui consolide un climat d’impunité et envoie un message erroné selon lequel les crimes peuvent se poursuivre sans responsabilité.

Le Centre de Gaza a également exprimé son inquiétude face à l’absence de positions efficaces ou d’interventions claires de la part des structures mises en place pour gérer Gaza pendant la phase transitoire, y compris le Conseil de la paix, le Conseil exécutif et l’Autorité nationale de gestion de Gaza, ce qui aggrave le vide et laisse les civils sans protection réelle ni responsabilité sérieuse pour les auteurs de ces crimes.

Le Centre des droits de l’homme de Gaza a réitéré ses appels à la communauté internationale et aux parties garantes de l’accord pour qu’elles interviennent d’urgence afin de mettre fin à ces violations, garantir le respect des règles du droit international humanitaire et ouvrir des enquêtes internationales indépendantes en vue de tenir les responsables de ces actes devant la justice internationale.

Le centre a souligné que la poursuite de l’impunité favorise la répétition des crimes et compromet toute perspective réelle de protection des civils ou de consolidation du cessez-le-feu sur des bases juridiques contraignantes.

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