Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a fermement condamné les restrictions israéliennes strictes qui ont accompagné le premier jour de la reprise des déplacements via le poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l’Égypte. Ces mesures ont révélé un contrôle israélien total sur le déroulement de l’opération, constituant une violation flagrante de la liberté de circulation et des droits fondamentaux de la population civile de la bande de Gaza.
Le Centre a précisé que les autorités israéliennes ont imposé un contrôle direct sur les listes des voyageurs, tous composés de patients et de leurs accompagnateurs. Elles n’ont autorisé le départ que de cinq patients sur un total de cinquante, malgré la gravité des cas médicaux et le besoin urgent de soins en dehors de la bande de Gaza. Cette situation a de fait entravé le départ de la majorité des patients et les a privés de leur droit aux soins médicaux et à la prise en charge sanitaire, droits garantis par le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme.
Le Centre a également vivement condamné l’obligation faite aux voyageurs de passer par un couloir entouré de barbelés et de caméras de surveillance, une scène qui reflète une politique d’intimidation systématique et laisse de lourdes séquelles psychologiques sur les voyageurs, en particulier les femmes, les personnes âgées et les malades. Cette pratique reproduit un environnement d’humiliation et de punition collective qu’Israël impose depuis longtemps aux habitants de la bande de Gaza.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a signalé de graves violations à l’encontre des personnes de retour dans la bande de Gaza, dont le nombre s’est limité à seulement douze. Il a notamment documenté l’arrestation de trois femmes, dont les mains ont été entravées pendant plusieurs heures, ainsi que la détention de plusieurs rapatriés par une milice armée mise en place par Israël, avant leur transfert vers un site où se trouvait l’armée israélienne et leur soumission à des interrogatoires d’une durée d’environ trois heures.
Les interrogatoires ont comporté des questions humiliantes sur les raisons de leur retour à Gaza, ainsi que des tentatives de les inciter contre des factions palestiniennes, un comportement qui porte atteinte à la dignité humaine et constitue une violation manifeste des règles de protection dues aux civils.
Les témoignages de plusieurs femmes revenues à Gaza ont mis en lumière l’ampleur des souffrances endurées. L’une des femmes palestiniennes rapatriées a évoqué un sentiment de peur et de tension lors des fouilles menées par l’armée israélienne, alors même qu’elles avaient déjà été soumises à des contrôles du côté égyptien ainsi que dans la zone où est présente la mission européenne. Elle a indiqué qu’elles étaient interrogées de manière répétée sur les raisons de leur retour, comme si elles étaient contraintes de justifier leur droit de retourner dans leur patrie.
Une autre femme a raconté que le passage par le couloir ressemblait à un long parcours militaire, au cours duquel les bus s’arrêtaient à plusieurs points de contrôle. Les voyageurs ont été soumis à des pressions psychologiques de la part des soldats et des agents de surveillance. Elle a affirmé que l’intimidation psychologique était présente à chaque étape, en particulier durant l’attente de plusieurs heures dans des conditions difficiles.
L’affaire ne s’est pas limitée à des fouilles humiliantes, mais s’est transformée en violations physiques des droits des personnes de retour. Le Centre a documenté l’arrestation de trois femmes, dont les mains ont été entravées lors de leur retour à Gaza, avant leur transfert vers un site où se trouvait l’armée israélienne et leur détention pendant plusieurs heures pour être interrogées sur les raisons de leur retour et leurs positions politiques. Ces actes constituent une violation flagrante de leurs libertés et de leur dignité humaine.
Dans son témoignage, une femme a déclaré : « Ils m’ont emmenée, moi et ma mère, ainsi qu’une troisième femme, on nous a bandé les yeux et attaché les mains, et ils nous ont posé des questions sur des choses que nous ne connaissions pas. Ils ont interrogé la troisième femme et lui ont demandé de collaborer avec eux et de leur fournir des informations. »
Selon les témoignages suivis par le Centre auprès de plusieurs rapatriés, le processus de retour s’est transformé en un véritable calvaire, marqué par la peur, les menaces et l’humiliation. L’objectif était clairement d’envoyer des messages d’intimidation aux autres habitants de la bande de Gaza se trouvant à l’étranger, leur faisant comprendre que le retour dans le territoire serait coûteux et accompagné de punitions, dans le cadre d’une politique de dissuasion collective interdite par la loi.
Le Centre de Gaza a déclaré que le retour s’était transformé en un véritable calvaire et une opération d’intimidation, au lieu de constituer un droit naturel de circuler et de retourner dans son pays. Il a souligné que cela reflète une tentative israélienne d’envoyer des messages clairs visant à intimider les habitants de la bande de Gaza à l’étranger et à les dissuader de revenir, en créant l’impression que le retour est épuisant et traumatisant sur les plans psychologique et physique, une démarche qui viole les règles fondamentales des droits de l’homme.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a tenu les autorités israéliennes entièrement responsables sur le plan juridique de ces violations, les considérant comme la puissance occupante exerçant un contrôle effectif sur les points de passage et la circulation des personnes.
Le Centre a également appelé la mission européenne participant aux arrangements du poste-frontière à assumer ses responsabilités légales et éthiques, et à ne pas se faire complice de ces violations en restant silencieuse ou en fermant les yeux sur ce qui se passe sur le terrain.
Le Centre a également demandé à la Commission nationale de gestion de Gaza, ainsi qu’à tous les partenaires et responsables chargés de l’administration des affaires du territoire, d’exprimer clairement et sans ambiguïté leur refus des mécanismes de voyage et de retour imposés de manière humiliante, de travailler à la protection des droits et de la dignité des citoyens, et de ne pas accepter des arrangements qui violent les normes humanitaires et juridiques les plus élémentaires.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a affirmé qu’il continuerait à documenter ces violations, à recueillir les témoignages des victimes et à prendre les mesures juridiques et médiatiques nécessaires pour les dénoncer, ainsi qu’à tenir les responsables de ces actes pour compte devant les instances internationales compétentes, en défense du droit des habitants de la bande de Gaza à la liberté, à la dignité et à un retour sûr, sans intimidation ni humiliation.
Il a souligné que l’ouverture complète et régulière du poste-frontière de Rafah, la facilitation du départ des voyageurs, en particulier les malades et les blessés, sans restriction ni conditions arbitraires, ainsi que la garantie d’un accès fluide aux fournitures médicales, aux médicaments et aux équipements essentiels, constitue un droit garanti qui ne devrait être soumis à aucun contrôle israélien.
Il a souligné que toute organisation du poste-frontière doit être strictement civile et humaine, totalement séparée des politiques d’occupation et de leurs objectifs sécuritaires et démographiques, afin de garantir le respect des droits fondamentaux de la population, notamment le droit à la vie, à la dignité et à la liberté de circulation.



