Israël transforme le cessez-le-feu en couverture pour tuer des Palestiniens : 5 morts par jour pendant 90 jours

Gaza – Le Centre palestinien pour les droits de l’homme a déclaré que les forces de l’armée israélienne ont transformé l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza en une couverture pour tuer des citoyens palestiniens. Il a confirmé avoir documenté la mort d’environ 5 Palestiniens par jour pendant 90 jours depuis le début de la mise en œuvre de l’accord.

Le Centre a expliqué que les forces de l’armée israélienne continuent de commettre le crime de génocide contre les Palestiniens dans la bande de Gaza, par le biais de l’assassinat intentionnel et systématique de civils, y compris des enfants et des femmes, en violation flagrante et délibérée de l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre 2025, ainsi que des dispositions du droit international humanitaire et des règles du droit international des droits de l’homme.

Au cours des seuls quatre-vingt-dix jours suivant le cessez-le-feu, les forces d’occupation ont tué 439 Palestiniens, soit une moyenne de cinq morts par jour, dont 155 enfants et 61 femmes, en plus de 1 225 blessés. Cela constitue un indicateur grave montrant qu’Israël utilise le cessez-le-feu comme un outil pour perpétuer les assassinats plutôt que pour y mettre fin.

Le centre des droits de l’homme a indiqué que les forces d’occupation ont tué ce samedi matin deux citoyens palestiniens, l’un dans le quartier de Cheikh Radwan et l’autre à Khan Younes, dans le dernier épisode d’une série de crimes quotidiens commis contre les civils malgré la validité de l’accord de cessez-le-feu. Cela confirme une fois de plus qu’Israël considère le cessez-le-feu comme un couvert politique et militaire pour continuer les assassinats et le génocide contre les Palestiniens.

Il a souligné que le jeudi précédent a été marqué par une escalade des assassinats délibérés contre des civils palestiniens, avec 14 citoyens tués et 17 autres blessés lors d’une série de raids violents et de tirs israéliens visant des tentes et une école d’hébergement.

Dans le nord de la bande de Gaza, les forces d’occupation stationnées à l’est du camp de Jabalya ont tiré avec leurs armes automatiques sur une zone peuplée à l’intérieur du camp, entraînant la mort de la fillette Hamsa Nidal Samir Housso (11 ans) après avoir été touchée par une balle à la tête, dans un assassinat délibéré d’une enfant civile ne participant pas aux hostilités. À noter que le père de la fillette est détenu dans les prisons israéliennes.

Un drone israélien a bombardé l’école Abu Hussein de l’UNRWA dans le camp de Jabalya, qui abrite des dizaines de familles déplacées, entraînant la mort du jeune Ibrahim Nabil Sobh (21 ans) et des blessures à d’autres personnes. Par ailleurs, un bombardement à la roquette au sud du carrefour d’Asqoula dans la ville de Gaza a causé la mort de quatre citoyens et en a blessé cinq autres.

L’aviation israélienne a également ciblé des tentes de déplacés à Mawasi, dans Khan Younes, entraînant la mort de trois enfants : les frères Abdullah (7 ans) et Omar (5 ans), ainsi que Layan Omar Abu Shaqra (16 ans), dans un nouveau crime qui confirme la volonté délibérée de viser des lieux d’hébergement temporaire.

Dans le même contexte, l’aviation militaire israélienne a mené des raids aériens ciblant des maisons de civils dans les camps de Nuseirat et de Bureij, au centre de la bande de Gaza, provoquant des blessures parmi les habitants et la destruction complète de maisons, dans le cadre d’une politique systématique visant à détruire ce qui reste des infrastructures résidentielles et à forcer le déplacement des populations.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a affirmé que ces faits ne sont pas des incidents isolés, mais s’inscrivent dans un schéma constant d’assassinats délibérés et de ciblage de civils. Les forces israéliennes continuent également de mener des opérations de bombardement et de démolition dans les zones situées dans ce que l’on appelle la “ligne jaune”, dans une tentative évidente de rendre de vastes zones de la bande de Gaza inhabitables.

Le centre des droits de l’homme a souligné que la poursuite des assassinats délibérés de civils, le ciblage des enfants, des déplacés et des installations d’hébergement constitue une violation grave de l’accord de cessez-le-feu, ainsi que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. En termes d’ampleur, de contexte et d’intention, cela équivaut à un crime de génocide au regard de la Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide. Ces crimes représentent également une violation directe des mesures provisoires émises par la Cour internationale de Justice, qui obligent Israël à protéger les civils palestiniens et à empêcher les assassinats.

Le centre a averti que le silence international persistant face à ces crimes encourage Israël à poursuivre sa politique d’assassinats et d’impunité, et fait peser sur la communauté internationale une responsabilité juridique et morale pour son échec à protéger les civils.

Il a également souligné que tout cessez-le-feu qui ne met pas réellement fin aux assassinats et ne protège pas la population civile n’est qu’un cessez-le-feu formel, utilisé pour maquiller un génocide qui se poursuit sur le terrain.

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