La “ligne jaune” dans la bande de Gaza, symbole d’une politique de destruction et de déplacement forcé

Gaza – Depuis le début de la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu, l’occupation israélienne poursuit de graves et continues violations à l’encontre de la population civile dans la bande de Gaza, sous prétexte d’un rapprochement ou d’une prétendue violation de ce qui est appelé la « ligne jaune ».

Cette ligne, imposée par l’occupation comme une nouvelle zone de sécurité à l’intérieur du territoire de Gaza, constitue une violation flagrante des dispositions du droit international humanitaire, des règles de protection des civils en temps de conflits armés, ainsi que des termes convenus dans l’accord de cessez-le-feu.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a constaté une escalade dangereuse dans la politique de recours excessif à la force létale par les forces d’occupation, avec des tirs directs visant des civils palestiniens qui s’approchent de la « ligne jaune » ou résident à proximité de celle-ci.

Ces attaques touchent notamment des agriculteurs, des personnes déplacées ainsi que des habitants tentant de regagner leurs maisons ou leurs terres.

Selon des rapports locaux fiables, le nombre de Palestiniens tués a dépassé les 420 personnes, dont 151 enfants et 60 femmes, en plus de 1 184 blessés, depuis le début des tirs le 10 octobre dernier.

La majorité des victimes ont été recensées dans la zone de ce qui est appelé la « ligne jaune ». Le bilan continue de s’alourdir en raison des violations quotidiennes persistantes commises par les forces d’occupation dans les environs de cette zone, notamment les tirs directs de snipers, les attaques menées par des drones armés de type « « Quad copter », ainsi que les bombardements d’artillerie.

Ces éléments confirment le caractère systématique de l’usage de la force létale contre les civils, et non des incidents isolés ou exceptionnels.

L’équipe de terrain du Centre de Gaza a documenté les initiatives répétées des forces de l’armée israélienne visant à élargir la superficie des terres placées sous leur contrôle dans le cadre de la « ligne jaune ».

La proportion de ces zones est ainsi passée de 53 % à plus de 60 % au cours des trois dernières semaines, les forces israéliennes procédant au déplacement des blocs de béton jaunes marquant le début de cette ligne, qu’il est interdit aux Palestiniens de franchir.

Le Centre a également documenté la poursuite des opérations systématiques de démolition et de nivellement de ce qui reste des habitations et des biens civils à l’intérieur de la zone dite de la « ligne jaune ».

Les forces d’occupation procèdent à la destruction de quartiers résidentiels entiers, ou de ce qu’il en subsiste, dans le cadre d’une politique clairement établie visant à imposer une nouvelle réalité démographique et sécuritaire, destinée à empêcher les habitants de retourner dans leurs zones d’origine.

Ces pratiques constituent un crime de déplacement forcé, interdit par le droit international.

Le Centre affirme que ces pratiques constituent une violation directe des dispositions de l’accord de cessez-le-feu, lequel est censé garantir l’arrêt des hostilités, la protection des civils et la création de conditions permettant le retour des habitants dans leurs régions et leurs habitations.

Or, cet accord ne saurait servir à l’imposition de nouvelles lignes militaires à l’intérieur de zones habitées, ni être utilisé comme un couvert pour poursuivre la domination de terrain par la force.

Le Centre a averti que ces violations sur le terrain s’inscrivent parallèlement à des déclarations officielles émanant de la direction de l’occupation israélienne, lesquelles traduisent une intention préméditée d’utiliser la « ligne jaune » comme une zone de mise à mort à ciel ouvert.

À ce sujet, le Centre a rappelé les propos du ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, selon lesquels l’armée israélienne a commencé à placer des marques sur le terrain le long de la « ligne jaune », avertissant que « toute tentative de s’approcher de cette ligne ou de la franchir sera confrontée à des tirs ».

Cette déclaration constitue un aveu explicite légitimant le ciblage de civils simplement du fait de leur présence dans leurs zones d’habitation.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a également déclaré que la « ligne jaune » représente le « nouveau périmètre de sécurité » ou la « ligne de sécurité avancée » d’Israël à l’intérieur de la bande de Gaza.

Cette déclaration confirme de manière claire la volonté de l’occupation de transformer cette ligne en une réalité sécuritaire permanente et de l’imposer par la force armée, en contradiction directe avec l’esprit de l’accord de cessez-le-feu.

Le coordinateur des activités du Centre dans la bande de Gaza, l’avocat Mohamed Al-Khairy, a déclaré que ce qui se déroule le long de ce qui est appelé la « ligne jaune » constitue un exemple clair de terrorisme d’État.

Selon lui, le comportement des soldats sur le terrain est en parfaite cohérence avec les déclarations publiques émanant de la direction politique et militaire de l’occupation, qui ont légitimé le recours aux tirs contre toute personne s’approchant de cette ligne, désormais considérée comme le « nouveau périmètre de sécurité ».

Il a ajouté que cette harmonie entre la décision politique et l’exécution militaire démontre que les actes de meurtre et de démolition ne sont pas des actions isolées, mais constituent une politique officielle et systématique, mise en œuvre au détriment de la vie des civils palestiniens, et en violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu et du droit international humanitaire.

Le centre de défense des droits de l’homme a souligné que l’ensemble des politiques israéliennes à cet égard constitue une violation flagrante des principes de distinction entre civils et combattants, du principe de proportionnalité et de l’interdiction des représailles collectives.

Ces pratiques s’apparentent à des crimes de guerre au regard des quatrième Conventions de Genève et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, notamment en raison du ciblage de zones peuplées et de l’empêchement des habitants d’accéder à leurs maisons et à leurs moyens de subsistance.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a appelé la communauté internationale, les Nations unies et les États parties aux Conventions de Genève à assumer leurs responsabilités légales et morales, et à exercer une pression immédiate sur l’occupation israélienne afin de mettre fin à ces violations.

Il a insisté sur la nécessité de respecter pleinement les dispositions de l’accord de cessez-le-feu, de supprimer ce qui est appelé la « ligne jaune », d’assurer la protection des civils palestiniens, et de poursuivre les responsables des crimes de meurtre, de destruction et de déplacement forcé.

Le Centre a averti que le silence international face à ces crimes encourage l’occupation à poursuivre ses politiques basées sur la force brutale et l’imposition de faits accomplis, tout en sapant toute possibilité réelle de protection des civils ou de réalisation du minimum de justice.

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