La diffusion par Israël du discours de Netanyahou aux déplacés de Gaza constitue une propagande forcée qui viole la dignité et la liberté individuelle

Le Centre des droits de l’homme à Gaza a exprimé sa vive condamnation de l’action des forces d’occupation israéliennes, qui ont contraint des civils de la bande de Gaza à écouter de force un discours politique du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, diffusé par haut-parleurs, en violation flagrante du droit international humanitaire et des normes relatives aux droits humains.

Dans un communiqué publié ce vendredi, le Centre a déclaré avoir suivi avec une grande indignation ce qui a été rapporté par les médias israéliens, à savoir que l’armée israélienne a déployé des camions équipés de haut-parleurs afin de diffuser le discours de Netanyahou aux Palestiniens, lesquels subissent depuis près de deux ans un génocide dans la bande de Gaza.

Le Centre a souligné que contraindre les civils de Gaza à écouter, par haut-parleurs, un discours politique de propagande émanant de la puissance occupante constitue une forme de coercition psychologique et une violation directe de leur dignité ainsi que de leur liberté individuelle.

Il a rappelé que la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques garantissent la liberté de pensée, d’opinion et de conscience, et qu’il est interdit d’imposer de force des messages politiques aux civils.

Il a souligné que cet acte constitue un recours systématique à des méthodes de propagande politique forcée et représente une forme de guerre psychologique exercée par les forces d’occupation contre les civils. Cela ne relève en aucun cas de ce que l’on appelle les “nécessités militaires”, mais vise plutôt à humilier la population et à bafouer sa liberté de pensée et de conscience, à un moment où elle subit les formes les plus atroces de siège, de famine, de privation et de déplacement.

Il a précisé que le droit international impose à la puissance occupante une obligation absolue de respecter la dignité, la vie et les droits fondamentaux des civils. Il a souligné que la Quatrième Convention de Genève interdit clairement tout acte humiliant ou portant atteinte à la dignité, tandis que le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, dans son article (8/2/b/21), criminalise toute atteinte à la dignité personnelle, y compris les traitements humiliants et dégradants, et les considère comme des crimes de guerre.

Le Centre des droits de l’homme a indiqué que ce comportement relève de la catégorie de « l’atteinte à la dignité personnelle, notamment le traitement humiliant et dégradant » telle que stipulée à l’article (8/2/b/21) du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Il s’inscrit dans une politique plus large et systématique comprenant le blocus, la famine, le déplacement forcé et les attaques militaires, qui relèvent des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du crime de génocide.

Il a affirmé que contraindre les habitants de Gaza à écouter un discours politique du dirigeant de l’occupation ne peut être interprété autrement que comme un traitement cruel et humiliant, visant à renforcer l’hégémonie et le contrôle sur la conscience de la population, ainsi qu’à l’intimider et la soumettre à la volonté politique coercitive de l’occupant, en totale contradiction avec le droit à la dignité humaine et à la liberté de pensée.

Le centre a appelé la communauté internationale à condamner cette pratique, la qualifiant de violation flagrante du droit international, et à prendre des mesures pour obliger Israël à cesser immédiatement d’utiliser la guerre psychologique et les méthodes de propagande coercitive contre la population.

Il a appelé à tenir les responsables de ces actes pour responsables en tant que crimes de guerre relevant de la compétence de la Cour pénale internationale, soulignant que la poursuite de telles politiques reflète le mépris total d’Israël pour ses obligations en tant que puissance occupante, et affirmant que la protection des civils à Gaza nécessite une action urgente et sérieuse pour mettre fin à ces violations systématiques.

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