Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a déclaré qu’Israël cherchait à provoquer un changement démographique dans la bande de Gaza, en imposant des ordres de déplacement forcé qui obligent des centaines de milliers d’habitants à se déplacer vers le sud de la vallée de Gaza, prétendant que cette zone est humanitaire alors qu’elle ne répond pas aux exigences d’hébergement des déplacés selon les règles du droit international humanitaire.
Dans un communiqué publié samedi, le centre a expliqué que les forces armées israéliennes poursuivent leur campagne militaire sur la ville de Gaza à travers des bombardements aériens et d’artillerie intensifs, en plus de l’explosion quotidienne de plus de 15 véhicules piégés contenant des tonnes d’explosifs, accompagnés d’ordres d’évacuation illégaux visant à exécuter un plan israélien annoncé pour vider la ville et déplacer l’ensemble de ses habitants, y compris les déplacés, vers le sud de la vallée de Gaza.
Le centre estime que ce qui se passe reflète l’existence d’une politique israélienne systématique visant à provoquer un changement démographique, mettant fin à la présence palestinienne dans les gouvernorats du nord de Gaza et de Gaza, qui abritaient plus de 1,3 million de personnes. Cela constitue un déplacement forcé de population sans justification ni nécessité, violant le droit international humanitaire et relevant du crime de guerre, ainsi que d’actes de génocide.
Il a précisé que les bombardements israéliens intensifs, accompagnés de l’explosion de véhicules piégés, de l’utilisation de drones et des mouvements terrestres depuis le 11/08/2025, montrent la détermination d’Israël à mettre en œuvre le plan d’évacuation du nord de la vallée de Gaza, annoncé le 13/10/2023, plan qui n’a pas été mené à bien malgré la violence extrême, la destruction systématique et la famine étendue.
Le centre a souligné que l’agression militaire israélienne a entraîné l’évacuation du gouvernorat du nord de Gaza et forcé ses habitants à se déplacer vers la ville de Gaza et le sud, tandis que l’agression militaire croissante depuis plus de 40 jours a poussé environ 700 milles personnes à se regrouper sur une surface de 10 km² dans la partie ouest de la ville de Gaza.
Le centre des droits humains a insisté sur le fait qu’Israël a tué plus de 2 200 personnes, détruit des centaines de logements et anéanti les moyens de subsistance pour forcer environ 300 milles Palestiniens à se déplacer de force vers le sud, sans fournir aucun moyen de vie malgré la déclaration de la zone d’al-Mawasi comme zone humanitaire.
Il a souligné qu’Israël avait fait une annonce trompeuse, car ses frappes aériennes et ses bombardements sur la région de Mawasi se poursuivaient sans relâche, tant par des avions que par des chars, et il y avait un manque d’espace suffisant dans la zone pour accueillir les personnes déplacées.
Le centre a rappelé que le droit international humanitaire est catégorique concernant le déplacement forcé de populations, considéré comme l’une des violations les plus graves, et définit des règles claires qui ne laissent aucune ambiguïté. Le droit international humanitaire interdit le déplacement forcé et le transfert de populations, l’unique exception étant une « évacuation temporaire » pour des raisons de sécurité impératives ou pour protéger les civils d’un danger imminent. Mais cette exception doit être de courte durée et accompagnée de garanties de retour dès la fin du danger, ce que n’a jamais respecté Israël à aucun moment de ses évacuations illégales menées pendant plus de 23 mois.
Le droit international humanitaire a également fixé des conditions et critères pour les lieux destinés à accueillir temporairement les déplacés si la force occupante est obligée – exceptionnellement – de déplacer la population :
- Garantir un hébergement adéquat, en déplaçant les habitants vers des zones sûres avec des logements appropriés les protégeant des conditions climatiques extrêmes. Cela n’est pas respecté, car l’armée israélienne ordonne des évacuations vers des lieux insuffisamment préparés, obligeant les habitants à trouver eux-mêmes des tentes ou louer des terrains à des coûts très élevés.
- Maintenir les liens familiaux, car il est interdit de séparer les familles ou de couper les individus de leur environnement social. Pourtant, les habitants doivent se disperser dans différents lieux par manque d’espace suffisant, et par crainte des bombardements, les membres d’une même famille se répartissent entre plusieurs endroits.
- Fournir les services essentiels, tels que nourriture, eau, soins médicaux et éducation pour les enfants. La zone vers laquelle Israël déplace les habitants manque de ces services, et même lorsqu’ils existent, ils suffisent à peine pour 20 % de la population.
- Garantir des conditions sanitaires et humaines, incluant hygiène, assainissement et prévention des maladies. Sur le terrain, c’est le contraire : les maladies se propagent en raison de la surpopulation, du manque d’hygiène et de la contamination de l’eau.
- Droit au retour, permettant aux déplacés de revenir dans leurs lieux d’origine dès que possible. Or, l’armée israélienne détruit complètement les bâtiments et infrastructures, rendant la vie future impossible, et annonce son intention de contrôler militairement la ville.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a rappelé que le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (1998), à l’article 7(1)(d), considère le déplacement ou transfert forcé de population comme un crime contre l’humanité s’il est commis de manière massive ou systématique. L’article 8(2)(b)(viii) stipule que le transfert de civils des territoires occupés vers d’autres territoires constitue un crime de guerre.
Le centre a appelé la communauté internationale à intervenir rapidement pour contraindre Israël à cesser son agression et son plan de destruction de la ville de Gaza et de déplacement forcé de ses habitants, à œuvrer sérieusement pour mettre fin au génocide contre les Palestiniens et garantir la reddition des comptes.



