Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a exprimé sa vive condamnation du ciblage israélien continu et systématique du secteur de la pêche dans la bande de Gaza, qui est passé du stade des « restrictions strictes » à celui de la « destruction totale et définitive » de l’infrastructure de ce secteur vital.
Le centre a également souligné, dans un communiqué publié jeudi, que ce qui s’est produit sur la côte de Gaza représente une destruction des moyens de subsistance de milliers de familles palestiniennes, visant à renforcer la politique de la faim comme un outil de guerre et d’extermination.
Selon le suivi de terrain et les témoignages de spécialistes, l’occupation israélienne a mené, ces derniers mois, des opérations de destruction à grande échelle visant le secteur de la pêche, dans lequel travaillent plus de 5 000 pêcheurs. Les dégâts se résument comme suit :
Destruction des “lanchate al-jar” et des “shanashil” : ce sont de grands bateaux qui constituaient l’épine dorsale de la production de poissons. Ils ont été totalement détruits dans le port principal de Gaza ainsi que dans les ports de Khan Younès et de Rafah, ce qui les a mis définitivement hors service.
On comptait environ 2 000 bateaux et petites embarcations, en plus d’environ 100 grands bateaux, dont 95 % ont été détruits par les bombardements israéliens.
Ciblage des “hassakat” (petites embarcations) : le centre a constaté la destruction et l’incendie de centaines de petites barques sur lesquelles comptent les pêcheurs modestes pour travailler, même celles qui étaient amarrées loin du rivage.
Destruction des moteurs et des équipements : les forces d’occupation ont délibérément ciblé les « salles des pêcheurs », les usines de glace et les ateliers de maintenance, ce qui fait que la reconstruction de ce secteur nécessite désormais des moyens dépassant les capacités locales actuelles.
Le centre a également confirmé que les forces d’occupation ne se sont pas contentées de détruire les équipements, mais ont aussi imposé une « zone militaire fermée » le long de toute la côte de la bande de Gaza, où toute tentative d’approche de la mer est accueillie par des tirs directs.
Le centre a également documenté que l’armée israélienne a tué au moins 235 pêcheurs, dont environ 40 alors qu’ils exerçaient leur travail, et blessé des dizaines d’autres alors qu’ils tentaient d’assurer leur subsistance à moins de 100 mètres du rivage.
Il a également indiqué la poursuite de la politique d’arrestation des pêcheurs en mer, qui sont emmenés vers des destinations inconnues, tandis que ce qui reste de leur équipement est confisqué comme forme de « sanction économique ». Environ 43 pêcheurs ont ainsi été arrêtés.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a affirmé que ces pratiques constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité conformément aux conventions internationales. Il a également souligné que le crime de famine constitue une violation flagrante de l’article 54 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève, qui interdit d’attaquer ou de détruire les biens indispensables à la survie de la population civile, notamment les zones agricoles et les infrastructures rurales.
Il a ajouté que la punition collective à laquelle sont soumis les pêcheurs constitue une violation de l’article 33 de la quatrième Convention de Genève, qui interdit les sanctions collectives contre les personnes protégées et leurs biens.
Il a également indiqué que le ciblage des bateaux et des ports représente une violation des principes fondamentaux du droit international humanitaire, à savoir la distinction, la proportionnalité et la nécessité militaire.
Face à cette détérioration existentielle du secteur de la pêche, le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a appelé la communauté internationale à exercer une pression immédiate sur les autorités d’occupation afin de mettre fin au ciblage des pêcheurs et de garantir la liberté de travail en mer sans restriction ni menace pour la vie.
Il a également appelé le procureur de la Cour pénale internationale à enquêter sur la destruction du secteur de la pêche, en tant que partie intégrante du dossier sur le « crime de famine » systématique commis contre les civils à Gaza.
Il a appelé les Nations unies et les organisations humanitaires à fournir une protection internationale aux pêcheurs et à lancer un fonds d’urgence pour reconstruire les ports et fournir du matériel de pêche de remplacement, afin de garantir un minimum de sécurité alimentaire.
Il a souligné que le silence international face à la destruction des moyens de subsistance des pêcheurs à Gaza donne carte blanche pour poursuivre le plan de vider la mer de ses propriétaires et en faire un lieu de mort permanent.



