Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a déclaré que la Journée internationale des femmes arrive cette année alors que les femmes de la bande de Gaza vivent l’une des tragédies humanitaires les plus dures de l’histoire contemporaine. Cela se déroule dans le contexte des conséquences continues du génocide mené par Israël depuis le 7 octobre 2023, qui a transformé la vie de centaines de milliers de femmes en une lutte quotidienne pour survivre, au milieu des massacres, des déplacements forcés, de la faim et de l’effondrement des services essentiels.
Le centre a confirmé dans un communiqué publié aujourd’hui, dimanche, que les femmes palestiniennes à Gaza ont payé un prix très lourd dans cette guerre. Les données indiquent que plus de 12 500 femmes ont été tuées, dont plus de 9 000 mères, laissant ainsi des dizaines de milliers d’enfants sans soins maternels.
Il a indiqué que les femmes, les enfants et les personnes âgées représentent plus de 55 % du nombre total des victimes, ce qui constitue une indication claire du caractère civil des victimes et du ciblage direct de la population civile.
Il a également indiqué que la tragédie des femmes portées disparues reste ouverte, puisqu’on estime que plus de 3 000 femmes sont toujours portées disparues, sous les décombres des maisons bombardées par Israël ou dans des circonstances inconnues. Cela reflète l’ampleur des destructions massives laissées par les attaques israéliennes et le ciblage des quartiers résidentiels.
Selon le centre des droits humains, cette guerre a entraîné de dures transformations sociales qui ont touché la structure de la famille palestinienne. Les statistiques ont enregistré 21 193 veuves de guerre ayant perdu leurs maris depuis le début de l’offensive, tandis que 22 426 pères ont été tués. Cela a laissé des milliers de familles sans soutien de famille et a imposé un fardeau supplémentaire aux mères.
Il a également indiqué que plus de 6 020 familles ont été entièrement anéanties, ne laissant qu’un seul survivant, souvent une femme ou un enfant. De plus, 2 700 familles ont été totalement exterminées et effacées du registre civil, dans l’une des formes les plus cruelles de ciblage collectif.
Il a également affirmé qu’en raison de la mort des maris et de l’arrestation de milliers d’hommes, des dizaines de milliers de femmes sont devenues les seuls soutiens de famille. Elles portent désormais la responsabilité de subvenir aux besoins des enfants et de s’en occuper, dans un contexte d’effondrement économique généralisé et de destruction massive des infrastructures.
Il a mentionné que la souffrance des femmes s’aggrave avec l’existence de plus de 350 000 familles sans abri après la destruction de leurs maisons. Par ailleurs, plus de deux millions de Palestiniens continuent d’être déplacés de force à l’intérieur de la bande de Gaza, parmi lesquels plus d’un demi-million de femmes et environ un million d’enfants, vivant dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles.
Les femmes font également face à de graves défis sanitaires dans un contexte de quasi-effondrement du système de santé. Les estimations indiquent qu’environ 107 000 femmes enceintes et allaitantes sont exposées à des risques sanitaires majeurs en raison du manque de soins médicaux et de la malnutrition. Plus de 12 000 cas de fausses couches ont été enregistrés chez des femmes enceintes pendant la guerre, à cause de la malnutrition sévère, du stress psychologique et de l’absence de soins de santé.
La souffrance des femmes s’aggrave avec la propagation des maladies infectieuses résultant du déplacement forcé et de la surpopulation, plus de 2 142 000 cas de maladies infectieuses ayant été enregistrés. De plus, 460 personnes sont mortes de faim et de malnutrition, parmi lesquelles des femmes et des enfants, ce qui constitue un signal alarmant de l’utilisation de la famine comme outil de pression collective.
Les données indiquent également qu’il y a 56 348 enfants orphelins ayant perdu un ou les deux parents, ce qui place les femmes face à des charges humanitaires et sociales complexes pour prendre soin de ces enfants, dans un contexte d’absence de ressources et de soutien.
En outre, des milliers de femmes malades subissent un véritable enfer au quotidien, car elles se voient refuser le droit de voyager pour recevoir des soins en dehors de la bande de Gaza, alors que le système de santé s’effondre rapidement et incapable de fournir le minimum de soins médicaux.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a affirmé que ce que subissent les femmes dans la bande de Gaza n’est pas simplement un effet secondaire de l’agression militaire israélienne, mais une conséquence directe des politiques de ciblage massif des civils, du blocus et de la destruction systématique des infrastructures sanitaires et sociales. Ces pratiques s’apparentent à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité, et s’inscrivent, dans leur contexte général, dans le cadre du génocide en cours contre le peuple palestinien.
À l’occasion de la Journée internationale des femmes, le centre a appelé la communauté internationale, en particulier les Nations Unies et les instances internationales chargées des droits des femmes, à agir d’urgence pour mettre fin aux crimes commis contre les femmes à Gaza, à assurer leur protection conformément aux règles du droit international humanitaire, à ouvrir des couloirs humanitaires sûrs, à permettre à des milliers de femmes malades de voyager pour recevoir des soins, et à prendre des mesures sérieuses pour tenir les responsables de ces crimes pour comptables et empêcher leur impunité.
Le centre a également souligné que la justice pour les femmes de Gaza ne se réalise pas par des déclarations de solidarité, mais par des mesures concrètes visant à arrêter la machine de l’agression.



