Israël continue de façonner un environnement invivable dans la bande de Gaza.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a exprimé sa vive condamnation face à la poursuite, par les autorités d’occupation israéliennes, d’une politique systématique visant à transformer la bande de Gaza en un espace géographique inhabitable, à travers le ciblage direct et violent du système d’action humanitaire, la poursuite de bombardements à grande échelle, ainsi que la commission d’actes pouvant être qualifiés de crime de génocide au regard des dispositions du droit international.

Le Centre a précisé, dans un communiqué publié vendredi, que les attaques menées par l’armée israélienne pendant plus de deux ans ont visé des sièges d’organisations de secours, des entrepôts d’aide humanitaire, des équipes ambulancières ainsi que des travailleurs des secteurs médical et humanitaire, en violation flagrante des principes de distinction et de proportionnalité consacrés par les Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels.

L’attaque contre l’UNRWA

Il a indiqué que l’offensive législative et opérationnelle menée contre l’UNRWA vise à démanteler l’épine dorsale des services de secours, d’éducation et de santé fournis à près de deux millions de Palestiniens. Il a souligné que les tentatives d’interdiction des activités de l’agence équivalent à une “condamnation à mort collective” à l’encontre des réfugiés, et constituent une démarche stratégique visant à liquider leur cause sur le plan juridique, en créant une réalité dépourvue du minimum de services essentiels, poussant ainsi la population à rechercher, sous la contrainte, des options de déplacement au-delà des frontières.

Il a averti que cela s’inscrit parallèlement dans un ciblage méthodique de toute structure civile cherchant à fournir des services essentiels et vitaux dans la bande de Gaza, dans une volonté persistante de priver plus de deux millions de personnes du minimum requis pour une vie digne.

Il a ajouté que le volume des camions d’aide entrés depuis le cessez-le-feu du 10 octobre 2025 s’élève à une moyenne de 259 camions par jour, soit environ 43 % du nombre de camions dont l’entrée avait été convenue. Il a souligné que l’entrave à l’acheminement de l’aide humanitaire et l’imposition de restrictions arbitraires à l’entrée de nourriture, de médicaments et de carburant constituent une forme de punition collective interdite en vertu de l’article 33 de la quatrième Convention de Genève.

Il a affirmé que le ciblage des moyens de subsistance — notamment l’eau, l’électricité ainsi que les infrastructures sanitaires et éducatives — s’accompagne d’un discours, d’incitations et de pratiques israéliennes qui conduisent à la destruction totale ou partielle du groupe palestinien à Gaza. Cela s’inscrit, selon lui, dans les actes incriminés par la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, en particulier l’imposition délibérée à un groupe de conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique, en tout ou en partie.

Le Centre a souligné que la transformation de Gaza en une zone invivable ne constitue pas une conséquence accidentelle des opérations militaires israéliennes, mais relève d’une politique fondée sur le déplacement forcé, la famine et l’intimidation organisée de la population civile, ouvrant la voie à l’imposition de nouvelles réalités démographiques et géographiques au détriment des droits inaliénables du peuple palestinien.

Étouffement du système médical et ciblage des sources d’énergie

 Le Centre a indiqué avoir observé une pression sans précédent sur le fonctionnement des institutions médicales, les hôpitaux de la bande de Gaza souffrant d’un déficit catastrophique qui menace leur arrêt total. »

Dans ce contexte, le Centre relaie un appel urgent lancé par les hôpitaux, soulignant la nécessité d’introduire des générateurs électriques et les pièces de rechange nécessaires à leur maintenance. Le refus des autorités d’occupation de permettre l’entrée de ces équipements vitaux place des centaines de patients en soins intensifs et des nouveau-nés en incubateur sous un risque imminent de mort.

Il a averti que provoquer délibérément l’effondrement du système de santé en coupant son approvisionnement en énergie vise clairement à faire du “séjour à Gaza” un risque réel. Cela relève directement de l’élément matériel du crime de génocide, consistant à “soumettre intentionnellement un groupe à des conditions de vie destinées à provoquer sa destruction physique”.

Les points de passage comme outil d’ingénierie démographique

 Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a souligné que le maintien de la fermeture stricte des points de passage, le contrôle des quantités de nourriture et de médicaments entrant, ainsi que l’interdiction de sortie des blessés et des malades, constitue un usage de la politique de “famine et de chantage médical” comme instruments de pression politique et démographique. Transformer les points de passage en lieux de tri et empêcher l’entrée de l’aide humanitaire et des besoins logistiques des hôpitaux constitue une violation flagrante de l’article 55 de la quatrième Convention de Genève.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a tenu les autorités d’occupation pleinement responsables de ces crimes, soulignant que le ciblage de l’action humanitaire constitue une atteinte grave à l’ensemble du système juridique international et affaiblit les règles impératives protégeant les civils en temps de conflits armés.

Le Centre a appelé la communauté internationale, et en particulier les États parties aux Conventions de Genève, à remplir leurs obligations légales en garantissant le respect de ces conventions, à intervenir rapidement pour mettre fin aux crimes de génocide et aux crimes contre l’humanité, et à prendre des mesures effectives assurant la protection des civils ainsi que la circulation sûre et inconditionnelle de l’aide humanitaire.

Il a également demandé à la Cour pénale internationale d’accélérer les procédures d’enquête et de responsabilité, de veiller à ce que nul ne soit au-dessus des lois, et d’exercer sa compétence sur les crimes commis dans les territoires palestiniens occupés.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme s’est engagé à poursuivre ses efforts de documentation et de suivi, à fournir un soutien juridique aux victimes, et à travailler avec ses partenaires internationaux pour tenir les auteurs responsables, tout en préservant ce qui reste des moyens de subsistance et de la dignité humaine dans la bande de Gaza.

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