L’effondrement du système de santé à Gaza nécessite une réponse internationale urgente et efficace.

Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a exprimé sa profonde inquiétude face à la détérioration grave et rapide de la situation sanitaire dans la bande de Gaza, laquelle a atteint des niveaux catastrophiques menaçant le droit à la vie et à la santé de plus de deux millions de personnes, dans un contexte de poursuite des restrictions imposées au système médical et du ciblage de ses composantes essentielles, plus de deux ans après la guerre d’extermination.

Le Centre a déclaré dans un communiqué publié ce samedi que la situation que connaît la bande de Gaza ne constitue plus une crise sanitaire passagère, mais le résultat direct de politiques israéliennes systématiques ayant conduit au démantèlement du système de santé et à la transformation de ce qu’il reste des hôpitaux encore opérationnels en stations d’attente forcée pour des milliers de malades et de blessés, confrontés à un sort incertain, selon les propres termes du ministère de la Santé.

Selon les opérations de suivi de terrain menées par le Centre, et sur la base des données du ministère de la Santé à Gaza, le Centre a documenté l’enregistrement de plus de 2 142 000 cas de maladies infectieuses, comprenant des infections aiguës des voies respiratoires, des maladies dermatologiques ainsi que l’hépatite virale, dans un environnement dépourvu des outils les plus élémentaires de diagnostic et de traitement.

Le Centre a également indiqué avoir recensé 21 décès parmi les personnes déplacées en raison de la baisse des températures et de l’absence de soins médicaux nécessaires, ce qui constitue un indicateur alarmant de l’effondrement total du système de réponse sanitaire d’urgence.

Selon le communiqué, les données indiquent qu’environ 70 % des laboratoires médicaux ont cessé de fonctionner, alors que le taux de pénurie de médicaments essentiels et de consommables médicaux a atteint des niveaux sans précédent. Le ministère de la Santé a confirmé que 46 % des médicaments essentiels sont totalement en rupture de stock, tout comme 66 % des consommables médicaux, en plus de l’épuisement de 84 % des fournitures de laboratoire et des stocks des banques de sang.

Le Centre de défense des droits de l’homme a attiré l’attention sur les déclarations du ministère de la Santé, selon lesquelles les services d’oncologie, des maladies du sang, de chirurgie et des interventions opératoires, de soins intensifs ainsi que de soins de santé primaires figurent parmi les services les plus gravement touchés. Il a également souligné que les médicaments parvenant aux hôpitaux de la bande de Gaza ne dépassent pas des quantités très limitées, incapables de répondre au minimum des besoins réels nécessaires à la continuité de la prestation des services de santé.

Le Centre a estimé que cette situation a transformé la poursuite de la prestation des soins de santé en une quasi-miracle quotidienne, dans un contexte où il n’existe aucune perspective réelle de rétablissement ou de reprise des services spécialisés.

Dans une déclaration exclusive documentée par le Centre, le Dr Mohamed Abu Salmiya, directeur du complexe médical Al-Chifa, a averti que la bande de Gaza fait face à une catastrophe épidémique complète, avec la propagation d’un virus respiratoire aigu caractérisé par une transmission rapide et des symptômes sévères, incluant une forte fièvre et une pneumonie aiguë.

Dans une interview avec un chercheur du Centre, Dr Mohamed Abu Salmiya a déclaré que l’absence de réactifs de laboratoire et d’équipements de diagnostic empêche le personnel médical de déterminer avec précision les souches virales ou de les traiter selon des protocoles scientifiques, exposant ainsi les patients déjà affaiblis à des complications potentiellement mortelles, alors que le système de santé épuisé utilise ses dernières ressources.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a souligné que la poursuite des restrictions à l’importation de médicaments, de consommables médicaux et de carburant nécessaire au fonctionnement des hôpitaux constitue une violation grave du droit international humanitaire, en particulier des Conventions de Genève, qui obligent la puissance occupante à assurer l’accès aux soins de santé pour la population vivant sous son contrôle.

Il a mis en garde que le fait que près de 20 000 malades et blessés soient privés de la possibilité de se déplacer pour se faire soigner, et que la population soit privée de vaccins et de médicaments essentiels, préfigure une catastrophe sanitaire et expose ces personnes à un risque de mortalité.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a appelé la communauté internationale à exercer une pression immédiate et efficace pour garantir l’importation sans restriction et de manière durable des médicaments, des fournitures médicales et du carburant.

Il a appelé l’Organisation mondiale de la Santé à envoyer des missions médicales spécialisées, des laboratoires mobiles et des équipements de diagnostic avancés pour identifier les virus en circulation et mettre en place des protocoles de traitement d’urgence.

Il a également demandé au Comité international de la Croix-Rouge et aux organisations humanitaires d’assurer des corridors sûrs pour l’évacuation médicale immédiate des cas critiques qui ne peuvent être traités à l’intérieur de la bande de Gaza.

Dans ce contexte, le Centre a souligné la responsabilité du Comité national de gestion de Gaza et l’a appelé à assumer pleinement son rôle dans la gestion de la crise sanitaire, en respectant ses obligations légales et éthiques par la mise en œuvre de mesures urgentes et transparentes pour coordonner la réponse sanitaire, garantir une répartition équitable des ressources disponibles et travailler sérieusement à protéger les infrastructures de santé restantes afin d’éviter leur effondrement total.

Le Centre a conclu son communiqué en insistant sur le fait que sauver la situation sanitaire à Gaza ne peut se faire par des solutions temporaires ou de courte durée, mais nécessite une approche radicale visant à mettre fin aux politiques de paupérisation sanitaire et à restaurer le droit de la population à la santé et à la vie dans la dignité.

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