Gaza – Le Centre de Gaza pour les droits humains a fermement condamné le crime d’exécution sommaire commis par une milice armée soutenue par Israël et opérant dans une zone sous contrôle israélien à l’est de Rafah, à l’encontre de citoyens palestiniens, ainsi que la diffusion d’images horribles de leur mise à mort.
Le Centre a indiqué dans son communiqué qu’il suivait avec une profonde inquiétude l’annonce faite par la milice opérant dans une zone sous contrôle de l’armée israélienne, affirmant avoir exécuté ce qu’elle a qualifié de “jugement révolutionnaire” contre Montaser Abu Samak et Mujahid Abu Sossin, tout en publiant des images horribles des victimes. Le Centre a souligné que ce qui s’est produit constitue un homicide extrajudiciaire au regard de toutes les normes du droit international humanitaire, un acte qui ne peut être justifié ni revêtu d’aucune légitimité juridique.
Le Centre des droits humains a indiqué que le responsable actuel de cette milice avait publié des images choquantes des corps des deux victimes sur les réseaux sociaux, sans aucune vérification des conditions de leur détention ou de leur traitement, révélant ainsi la nature du crime et une intention manifeste d’intimider et de donner un caractère célébratoire à l’acte de mise à mort.
Il a ajouté qu’il s’agit de la deuxième fois que cette milice armée diffuse des photos de personnes qu’elle a tuées de manière atroce, un comportement qui constitue une violation supplémentaire de la dignité humaine et de l’intégrité du corps, et qui témoigne de l’absence totale de contrôle ou de cadre juridique.
Le Centre a confirmé que la milice qui a exécuté ces actes est stationnée dans une zone sous contrôle des forces israéliennes et bénéficie de leur protection militaire directe. Il a rappelé qu’elle avait déjà été impliquée dans l’exécution de missions sur le terrain au profit de l’occupation, notamment des crimes de meurtre, de vol et d’enlèvement visant des Palestiniens et des Palestiniennes. Cela fait d’elle une composante réelle de la structure d’occupation, au regard des responsabilités juridiques internationales.
Il a souligné qu’en vertu des règles relatives à la responsabilité pour les actes illicites, Israël porte l’entière responsabilité de ce crime. De même, toute autre partie qui fournit à cette milice des armes, des véhicules ou tout type d’appui lui permettant de commettre ces violations partage cette responsabilité.
Le Centre des droits humains a déclaré que les actes commis par cette milice constituent une violation flagrante de l’article 3 commun aux Conventions de Genève, qui interdit l’exécution et l’élimination de personnes sans procès équitable. Il s’agit d’un crime de guerre engageant une responsabilité pénale individuelle et internationale. Ces actes constituent également une atteinte absolue au droit à la vie, un droit qui ne peut être suspendu, même en situation de conflit.
Le Centre de Gaza pour les droits humains a appelé à l’ouverture d’une enquête internationale, indépendante et urgente sur ce crime ainsi que sur l’ensemble des violations commises par cette milice, et à la tenue pour responsables de toutes les personnes impliquées, y compris les commanditaires, superviseurs et soutiens.
Il a également exhorté les États et l’ensemble des acteurs concernés à élever leur voix et à prendre des mesures pour mettre fin aux crimes commis par cette milice, ainsi qu’à retirer toute forme de couverture ou de soutien dont elle bénéficie.
Il a également demandé aux États de cesser le transfert d’armes et de matériel à ces groupes, en respect de leurs obligations légales de prévenir les crimes graves et de ne pas être complices de leur perpétuation.
Le Centre a souligné que le fait de permettre à ces milices d’opérer sous la protection de l’occupation instaure un environnement propice à l’impunité et ouvre la voie à de nouvelles exécutions ciblées contre des civils palestiniens.



