Avertissement sur la propagation de la famine à Gaza en raison du blocus israélien strict
Gaza – 8 octobre 2025
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a mis en garde contre l’expansion de la famine et l’aggravation de la catastrophe humanitaire dans le gouvernorat de Gaza, qui abrite plus de 300 000 déplacés palestiniens. Cette alerte survient après l’épuisement des denrées alimentaires sur les marchés et la disparition des réserves des familles déplacées, dans un contexte de blocus israélien total.
Israël maintient en effet la fermeture complète du poste-frontière de Zikim, empêchant la circulation des civils et des marchandises entre le centre de la bande de Gaza et la ville de Gaza.
Dans un communiqué, le centre a précisé que son équipe sur le terrain a reçu des dizaines de plaintes de citoyens signalant le manque total de nourriture. Les habitants, déjà fragilisés, font face à de grandes difficultés pour trouver de quoi se nourrir, alors que le siège israélien se resserre et que les attaques militaires se poursuivent.
Le communiqué souligne également que les forces d’occupation poursuivent leurs tentatives de déplacement forcé des habitants et des personnes déplacées vers le centre et le sud de la bande de Gaza.
Le centre a ajouté que cet effondrement humanitaire intervient alors que les négociations se poursuivent à Charm el-Cheikh, en Égypte, dans le but de conclure un accord de cessez-le-feu, tandis que la situation des civils se détériore rapidement.
Il a par ailleurs affirmé que lier l’entrée de l’aide humanitaire aux résultats des négociations ou à des conditions politiques constitue une violation grave du droit international, rappelant que la nourriture, l’eau et les médicaments sont des droits fondamentaux, inaliénables et non négociables.
Lle centre a précisé que les forces israéliennes maintiennent la fermeture du poste-frontière de Zikim depuis le 12 septembre 2025, un passage habituellement utilisé pour l’acheminement de l’aide alimentaire vers le nord de Gaza.
Cette fermeture a entraîné l’interruption totale des livraisons de nourriture destinées à des centaines de milliers d’habitants de la ville de Gaza et de ses environs.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a aussi signalé que l’armée israélienne a fermé, le 1er octobre, la route d’Al-Rashid (route côtière), empêchant la circulation des personnes et des marchandises en provenance du sud vers la ville de Gaza.
Cette mesure a provoqué une paralysie quasi totale du mouvement des approvisionnements commerciaux et humanitaires, alors que les restrictions d’accès au nord de Gaza se poursuivent et que les coupures de communication entravent les efforts de réponse humanitaire.
Le centre rappelle que ces développements surviennent avant même une reprise des effets de la famine déjà déclarée. Le 22 août 2025, les Nations unies avaient officiellement annoncé une famine d’origine humaine dans le gouvernorat de Gaza, selon la classification intégrée de la sécurité alimentaire, qui indiquait alors que plus d’un demi-million de personnes vivaient dans des conditions catastrophiques, correspondant à la phase 5 de la classification.
Selon les données recueillies par le centre, le taux de refus d’accès imposé par Israël aux missions humanitaires de l’ONU a triplé au mois de septembre, atteignant 26 % des 478 missions, contre 8 % en août.
Le taux de refus pour les missions se dirigeant vers le nord de Gaza est monté à 52 %, notamment après la fermeture du poste de Zikim.
Le centre a également signalé que l’organisation Médecins sans frontières a suspendu ses activités à Gaza le 26 septembre en raison de l’intensification des bombardements israéliens, tandis que le Comité international de la Croix-Rouge a évacué son personnel en raison de la détérioration des conditions sécuritaires et humanitaires.
Ces retraits, souligne le centre, portent un coup sévère aux efforts de secours et aggravent encore la catastrophe humanitaire.
Le communiqué dénonce aussi les entraves systématiques imposées par l’armée israélienne aux convois humanitaires se dirigeant du sud vers le nord. Les équipes sont contraintes d’attendre de longues heures sur des routes dangereuses, et certaines caravanes autorisées sont finalement bloquées, en violation flagrante du droit international humanitaire, Israël étant la puissance occupante.
Le centre insiste sur le fait que la persistance de la famine à Gaza, malgré la reconnaissance internationale de son ampleur, reflète un échec moral et juridique mondial et met en lumière l’usage délibéré de la faim comme arme de guerre pour soumettre la population civile, dans le cadre d’un crime de génocide contre le peuple palestinien.
Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme appelle à l’ouverture immédiate de tous les points de passage et à l’entrée sans restriction de l’aide humanitaire dans l’ensemble de la bande de Gaza, y compris dans le gouvernorat de Gaza. Il demande également la levée de tous les obstacles administratifs et militaires entravant la circulation des convois entre le sud et le nord du territoire.
Le centre exige que l’aide humanitaire et alimentaire soit exclue de toute condition politique et non liée aux négociations en cours, tout en appelant à la mise en place d’un mécanisme international de surveillance pour garantir l’acheminement continu de la nourriture, de l’eau et des médicaments vers les populations assiégées.
Il demande également de tenir les responsables israéliens pour compte de la politique de famine délibérée, considérée comme un crime de guerre, un crime contre l’humanité et un instrument de génocide.
Le communiqué conclut en avertissant que le silence face à cette famine annoncée équivaut à une complicité, et souligne que sauver des centaines de milliers de vies nécessite une action urgente et courageuse, avant que la situation ne devienne irréversible.



